Auteur/autrice : Hawa Bousso

  • SENEGAL-AFRIQUE-TRANSPORTS / Bus Rapid Transit : le Cameroun veut s’inspirer du modèle sénégalais

    Dakar, 24 fév (APS) – La ministre camerounaise chargée de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha-Courtès, a salué, lundi, à Dakar, la ‘’manière très professionnelle’’ dont les le Bus Rapid Transit (BRT) a été construit.

    ‘’Les installations du BRT de Dakar montrent parfaitement que sa mise en œuvre s’est faite de manière très professionnelle, avec de la main-d’œuvre africaine et sénégalaise’’, s’est-t-elle réjouie.

    ‘’Compte tenu de ce que nous avons vu au cours de cette visite, je suis sûre que nous rentrerons au Cameroun très imprégnés des facteurs clés et du succès de la mise en œuvre du BRT’’, a-t-elle dit à la presse après avoir visité cette infrastructure de transport de masse.

    Célestine Ketcha-Courtès a voyagé de la gare de Petersen, à Dakar, au dépôt de Gadaye, dans la commune de Guédiawaye, à bord d’un bus du BRT.

    Elle a aussi visité le centre intelligent de gestion de la mobilité et de l’accessibilité, le poste de commande centralisé, les ateliers et la zone de remisage du Bus Transit Rapid, sous la direction des responsables du Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (CETUD).

    Le CETUD et l’AGEROUTE, l’agence nationale chargée de la construction, de la réhabilitation et de l’entretien de routes et des ponts, ont supervisé la construction du BRT.

    ‘’Nous venons de signer une convention de financement du BRT de Douala avec la Banque mondiale’’, a signalé la ministre camerounaise.

    En raison ‘’des relations de coopération, de partenariat et de fraternité qui existent entre le Cameroun et le Sénégal depuis [longtemps] et du fait que le BRT du Sénégal marche déjà, nous avons pensé qu’il était important de venir […] apprendre de sa mise en œuvre et de son exploitation, pour prévenir les erreurs […] et pouvoir les éviter’’, a dit Mme Ketcha-Courtès.

    ‘’Nous sommes très heureux de ce que nous avons vu. Nous avons vu une belle organisation autour du BRT de Dakar. Nous avons vu comment ce BRT impacte positivement le cadre de vie et la mobilité des populations dakaroises’’, a-t-elle fait remarquer.

    ‘’Les bonnes pratiques méritent d’être partagées…’’

    Célestine Ketcha-Courtès pense que ‘’les bonnes pratiques du Sénégal méritent d’être partagées avec le Cameroun, et vice versa’’.

    ‘’Cela nous fera gagner. Nous devons nous enrichir de nos belles expériences et des belles leçons apprises dans la mise en œuvre de nos projets, pour accélérer le développement de nos pays’’, a poursuivi la ministre camerounaise.

    Elle estime que la coopération Sud-Sud est ‘’l’un des leviers qui vont permettre à l’Afrique de prendre son envol’’, dans la mesure où  ‘’nous avons les mêmes défis et les mêmes habitudes’’.

    Célestine Ketcha-Courtès est à la tête d’une délégation comprenant de hauts responsables de l’Administration publique camerounaise, du maire de Douala, de fonctionnaires de la Banque mondiale et de la Société financière internationale. Elle va séjourner à Dakar jusqu’à jeudi.

    Le BRT a coûté 419 milliards de francs CFA, dont 69 % fournis par l’État du Sénégal et ses partenaires économiques et financiers, a dit à l’APS, en décembre 2023, l’ingénieur polytechnicien Khadim Niang, chargé de la réalisation de cette infrastructure de transport.

    Avec une centaine de bus articulés, le Bus Rapid Transit réduit d’une heure trente minutes à quarante-cinq minutes la durée moyenne du trajet entre les villes de Dakar et Guédiawaye, soit 18,3 kilomètres, selon M. Niang.

    Ses bus traversent 14 communes d’arrondissement. Le Bus Rapid Transit est un moyen de transport de masse qui existe dans une petite poignée de villes, dont Bogota (Colombie), Dar es Salam (Tanzanie) et Lima (Pérou), que des ingénieurs sénégalais ont visitées avant de construire celui de Dakar.

    HB/HK/SMD/ESF

  • SENEGAL-USA-APPUI / Les ONG à l’épreuve de la suspension de l’aide publique américaine

    SENEGAL-USA-APPUI / Les ONG à l’épreuve de la suspension de l’aide publique américaine

    Dakar, 22 fév (APS) – La suspension pour 90 jours de l’aide publique américaine, qui passe par USAID, l’agence des États-Unis pour le développement international, est perçue comme un véritable coup de massue par de nombreuses organisations de la société civile sénégalaise qui interviennent sur des questions de gouvernance et de démocratie.

    Cette décision de l’administration Trump a pris de court le directeur exécutif de l’Organisation non gouvernementale (ONG) Enda Ecopop, membre du réseau international Enda Tiers-Monde, Abdoulaye Cissé.

    ‘’C’est une décision qui nous a beaucoup surpris, surtout que la plupart de nos activités étaient financées par USAID mais, je ne peux pas me prononcer davantage sur la question’’, a indiqué Monsieur Cissé dans un entretien avec l’APS.

    Dès son installation, le 20 janvier dernier, à la Maison Blanche, le président Donald Trump a gelé, sans préavis, l’aide américaine pour une durée de 90 jours, paralysant ainsi de nombreux secteurs socio-politiques à travers le monde.

    Or, grâce aux financements de l’USAID, à travers notamment le National Democratic Institute (NDI), le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a pu déployer des observateurs à travers le Sénégal lors des trois dernières élections organisées dans le pays (législatives du 31 juillet 2022, présidentielle du 24 mars 2024 et élections législatives du 17 novembre 2024).

    Toutefois, le président du COSCE, le professeur Babacar Guèye, estime que la suspension, pour 90 jours, de l’aide américaine aux organisations de la société civile n’aura pas d’incidence réelle sur leurs activités.

    D’une durée de trois ans, a-t-il confié à l’APS, le programme du COSCE, qui était financé par le NDI, a pris fin le 31 janvier dernier.

    ‘’Le COSCE avait reçu une subvention du NDI ; ce qui lui a permis d’observer les trois dernières élections qui ont eu lieu au Sénégal’’, a indiqué le professeur Guèye, ajoutant que la structure qu’il dirige a reçu par le passé des financements directs de l’USAID portant notamment sur l’observation des élections au Sénégal.

    Une mesure diversement accueillie

    Avec la fin du programme de partenariat entre le NDI et le COSCE, depuis le 31 janvier dernier, il pense que le gel de l’aide américaine n’aura pas d’impact réel sur les activités de son collectif lequel, a-t-il rappelé, bénéficie de financements d’autres partenaires.

    ‘’Il y a évidemment l’Union européenne avec qui on est en train d’exécuter un programme dénommé +Sakhal Jamm+ pour promouvoir la paix. Ensuite, le collectif a un programme financé par la Grande-Bretagne et qui porte sur la mise sur pied d’un observatoire de la démocratie. Présentement, ce sont les deux financements dont dispose le COSCE pour les élections’’, a souligné le professeur Guèye.

    Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, bénéficiaire des financements de l’USAID, n’a pas caché son désarroi sur le site internet de France24 visité par l’APS.

    ‘’Il est clair que la suspension des financements va avoir un impact très fort sur nos activités, parce que l’USAID nous finance dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la nutrition, des questions de gouvernance démocratique, de la démocratie budgétaire, mais aussi de la question des ressources extractives. Nous avons plusieurs programmes qui seront concernés’’, a-t-il fait savoir.

    A la tête du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), Babacar Fall se dit totalement solidaire des organisations de gouvernance démocratique dont les activités seront rudement impactées par la suspension de l’aide internationale américaine.

    Des incidences sur les programmes déroulés et le personnel

     ‘’Je comprends la tourmente dans laquelle doivent se trouver les bénéficiaires des financements de l’USAID’’, a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS, précisant que sa structure n’a jamais été financée par les Américains.

    ‘’En tant qu’organisation avec dix ans d’expérience, le GRADEC n’a jamais bénéficié de l’aide américaine, que ce soit avec l’USAID ou toute structure dépendant de l’ambassade des Etats-Unis’’, a précisé Babacar Fall.

    A l’en croire, ‘’les conséquences seront considérables pour toutes les autres organisations de la société civile qui ont eu à travailler depuis pratiquement un peu plus d’une décennie avec l’USAID directement, ou à travers d’autres entités dépendant de l’agence américaine’’, telles que le NDI.

    ‘’Effectivement pour ces organisations, il y aura des conséquences parce qu’elles ont des programmes en cours, et elles seront obligées de les stopper tous. Nécessairement, il y aura des incidences pour le personnel et pour les programmes eux-mêmes’’, a-t-il souligné.

    Selon lui, les activités de gouvernance démocratique menées depuis plusieurs années par les organisations de la société civile sont cruciales et insufflent un nouvel esprit démocratique dans de nombreux pays africains. A ce titre, il a jugé périlleux tout gel de financements destinés à ce secteur.

    Le GRADEC a eu comme principaux bailleurs l’ambassade du Canada, à travers le Fonds canadien d’initiative locale (FCIL), Osiwa, l’ambassade des Pays-Bas et actuellement l’Union européenne. ‘’Ce sont là les bailleurs qui travaillent avec GRADEC’’, a-t-il précisé Babacar Fall.

    Afrikajom Center a misé sur l’autofinancement

    Bien qu’ayant travaillé avec l’USAID, le think tank Afrikajom Center n’a jamais bénéficié de fonds de la part de l’agence américaine, si l’on en croit son président Alioune Tine, joint au téléphone.

    ‘’Nous avons commencé à travailler avec nos propres moyens. C’est lorsque nous avons commencé à faire des publications que les gens se sont intéressés à notre structure et ont décidé de nous financer’’, révèle l’ancien secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO).

    Insistant sur l’importance de l’autofinancement, Alioune Tine a déclaré qu’Afrikajom Center a l’habitude de travailler avec ses propres moyens, grâce aux consultances effectuées pour le compte de très grandes organisations comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). ‘’C’est de cette manière qu’on s’autofinançait avant de bénéficier de financements extérieurs’’, a-t-il signalé.

    Optimiste, Alioune Tine ne doute pas que les organisations de la société civile touchées par le gel de l’aide américaine feront preuve d’ingéniosité pour pouvoir dérouler leurs programmes dans le domaine de la citoyenneté, des droits de l’homme et de la gouvernance démocratique.

    HB/SBS/OID/ABB

  • SENEGAL-JUSTICE / Rapport de la Cour des comptes : « des enquêtes seront ouvertes », selon le ministre de la Justice

    SENEGAL-JUSTICE / Rapport de la Cour des comptes : « des enquêtes seront ouvertes », selon le ministre de la Justice

    Dakar, 21 fév (APS) – Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a réaffirmé, vendredi, à l’Assemblée nationale, que des enquêtes seront ouvertes pour situer les responsabilités dans les manquements relevés par la Cour des comptes dans son rapport sur la situation des finances publiques de 2019 à mars 2024.

     »Il est important de dire que la justice sera saisie, des enquêtes seront ouvertes, et on s’évertuera à établir l’ampleur du mal dont on est saisi, à éclaircir ces violations des règles budgétaires et surtout cette dynamique de dissipation de nos deniers publics », a t-il dit.

    Le ministre répondait à une interpellation d’un député sur la suite judiciaire à réserver au rapport de la Cour des comptes lors des  »Questions d’actualités au gouvernement ».

     »On veillera à faire des investigations qui auront pour finalité non seulement de les établir de façon irréfutable au moyen de preuves intangibles, mais aussi de mettre en cause et de poursuivre toute personne qui aura eu à commettre un quelconque acte de nature à favoriser cette entreprise criminelle », a promis le ministre de la Justice

    Il estime que le plus important est de récupérer les montants faramineux de plusieurs centaines de milliards de francs CFA.

     »Nous envisageons de mettre en branle des systèmes de règlement tels que la médiation pénale qu’il va falloir améliorer, mais encore une fois, je pense que l’action de la justice serait quelque peu vaine, si véritablement on ne parvient pas d’une façon ou d’une autre à récupérer ces importants montants qui ont été dissipés et dont le pays a le plus grand besoin », a dit le Garde des Sceaux

    A l’en croire, l’Etat compte explorer cette dynamique de récupération de ses deniers publics, en dehors même du fait qu’il va falloir établir les responsabilités et en tirer toutes les conséquences de droit.

    Auparavant, Ousmane Diagne a réaffirmé que les conclusions du rapport de la Cour des comptes pointent des faits susceptibles de revêtir des qualifications pénales.

     »Les faits relevés par la Cour des comptes sont susceptibles de revêtir des qualifications pénales parce qu’ils retraçaient de graves violations des règles budgétaires, mais surtout la dissipation d’une partie extrêmement importante et exagérée de nos deniers publics », a-t-il accusé.

    Selon lui,  »il a été fait état de recettes qui ont été irrégulièrement rattachées à des exercices budgétaires pour minorer le déficit budgétaire ».

    L’audit a révélé également que d’importants crédits ont été transférés à des services non spécialisés de l’Etat, a t-il ajouté, notant que  »des opérations qui ne sont pas retracées dans la comptabilité de l’Etat, qui échappent de ce fait au contrôle de l’Etat ».

    Sur la criminalisation de ces infractions financières, il a répondu:  »C’est une possibilité, mais en tout état de cause, ce qui est le plus important à nos yeux, c’est de faire en sorte que l’on puisse non seulement établir de façon irréfutable la responsabilité des personnes qui ont été à l’origine de cette situation et de les poursuivre ».

    HB/OID/SKS

  • SENEGAL-SOCIETE-SECURITE / Jean-Baptiste Tine juge inconcevable l’insécurité pendant les combats de lutte

    SENEGAL-SOCIETE-SECURITE / Jean-Baptiste Tine juge inconcevable l’insécurité pendant les combats de lutte

    Dakar, 21 fév (APS) – Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, général Jean-Baptiste Tine, a jugé  »inconcevable », ce vendredi, la psychose dans laquelle sont plongés les Sénégalais à chaque fois que sont organisés des combats de lutte.

    « Il est inconcevable, à chaque fois qu’il y a un combat, que cela suscite des inquiétudes de la part de tous les chefs de famille et de la part de tous concitoyens. C’est inadmissible », a-t-il fustigé en réponse à une question de la députée Anta Dia, du groupe parlementaire Pastef (mouvance présidentielle).

    Mme Dia était la deuxième intervenante sur la liste des 12 députés autorisés à prendre la parole lors de la séance de  »Questions d’actualité » à l’Assemblée nationale.

    Elle a interpellé le gouvernement sur les mesures radicales et définitives qu’il compte prendre pour enrayer la violence dans les stades, la délinquance urbaine, l’insécurité routière et mettre fin aux conflits entre éleveurs et agriculteurs.

    Cette interpellation fait suite à la décision prise par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, de l’arrêt, jusqu’à nouvel ordre, de la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’étendue du territoire national.

    Cette décision intervient après  le  »déchainement de violence » et autres   »actes de vandalisme » notés lors du combat ayant opposé Franc à Ama Baldé, dimanche dernier, à l’Arène nationale.

    « Concernant spécifiquement la lutte avec les incidents qui se sont déroulés ce dernier week-end, je vais commencer par m’incliner devant la mémoire du garçon qui a malheureusement perdu la vie dans des conditions très tragiques », a répondu d’emblée le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique à l’interpellation de la députée.

    Il a expliqué que c’est pour cette raison qu’il a pris immédiatement la décision de suspendre la couverture sécuritaire des combats de lutte.

    « Cette décision va permettre à tous les acteurs de la lutte, autour du ministère de l’Intérieur, de s’arrêter un moment pour revoir comment organiser les séances de lutte en toute sécurité », a indiqué le général Jean-Baptiste Tine. Il a réaffirmé sa volonté de ne pas lever cette suspension pour le moment.

    Il a signalé qu’à la suite de cette décision, ses services ont récemment rencontré les acteurs de la lutte, à la demande de ces derniers.

     »Notre porte n’est pas fermée. Nous les avons écoutés, mais nous leur avons dit qu’on ne pouvait pas revenir pour l’instant sur la suspension de la couverture sécuritaire. C’est une décision difficile à prendre, mais il fallait la prendre », a-t-il tranché.

    L’insécurité routière prise très au sérieux

    S’agissant de l’insécurité routière qu’il considère comme un problème récurrent, M. Tine indique que cette question est prise très au sérieux par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko qui, selon lui,  »ne cessent de faire des rappels ».

     »En décembre, une circulaire a été prise pour prescrire un certain nombre de mesures, allant du renforcement du contrôle jusqu’au durcissement des sanctions. Nous sommes en train de dérouler une série de mesures, notamment de campagnes de sensibilisation des usagers, de renforcements de capacités au niveau des services aussi bien de la police et de la gendarmerie, mais aussi des populations, pour que nos routes soient de moins en moins le théâtre des graves accidents que nous déplorons très souvent », a assuré le ministre de l’Intérieur.

    Interpellé sur le phénomène du vol de bétail, Jean-Baptiste Tine estime que ce problème recèle une dimension à la fois culturelle et internationale.

     »Ce qui rend la lutte parfois difficile, c’est qu’elle a une dimension internationale, notamment au niveau de notre frange sud. Aujourd’hui, nous sommes en train d’insister sur une plus forte implication des communautés et de nos concitoyens.  Nous voulons que les gens partagent les informations et préviennent de l’arrivée d’étrangers sur leurs terroirs, pour qu’ensemble, si on a l’information très tôt, nous puissions faire intervenir à temps les brigades de gendarmerie ou les unités de police afin d’empêcher la commission de ces infractions », affirme-t-il.

    Jugeant regrettables les conflits entre éleveurs et agriculteurs, le ministre entend miser sur la sensibilisation des populations et la prévention pour y mettre un terme.

    Dans la même veine, il invite les populations à privilégier davantage les cultures fourragères pour la production d’aliments de bétail, ce qui permettra d’éviter la divagation des animaux dans les champs.

    A propos de la délinquance dans les zones urbaines, Jean-Baptiste Tine a promis que l’Etat entend mettre en place une gestion de police de proximité qui  »mettra autour des cellules de base aussi bien dans les quartiers que dans nos villes des cellules de concertations au sein desquelles on retrouvera tous les représentants de la société (élus, porteurs de voix, artistes, associations de Badienou Goxx, associations de jeunes, le commandement territorial) ».

     »Ces derniers, à partir de diagnostics locaux de sécurité, pourront, eux-mêmes, mettre en place une stratégie locale pour lancer l’alerte au niveau des services de sécurité, et faire face à la délinquance la plus petite », a souligné le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

    HB/ASG/MK/OID

  • SENEGAL-ECONOMIE / Finances publiques : « Aujourd’hui, plus que jamais, je demeure optimiste », déclare Bassirou Diomaye Faye

    SENEGAL-ECONOMIE / Finances publiques : « Aujourd’hui, plus que jamais, je demeure optimiste », déclare Bassirou Diomaye Faye

    Dakar, 17 fév (APS) – Le président de la République déclare être optimiste pour la santé financière du pays, malgré les nombreuses anomalies relevées par la Cour des comptes, en même temps qu’il promet de transformer les difficultés en opportunités.

    « Je demande aux Sénégalais de nous faire confiance […] Aujourd’hui, plus que jamais, je demeure optimiste. Des solutions seront trouvées. Ces difficultés sont réelles, mais nous les transformerons en opportunités », a assuré M. Faye en s’exprimant sur la RTS1, dimanche, à son retour du 38e sommet de l’Union africaine.

    Il réagissait à l’audit publié mercredi par la haute institution de contrôle des finances publiques.

    « Les Sénégalais seront de plus en plus informés de la situation des comptes publics qu’ils nous ont confiés », a promis le président de la République.

    L’audit de la Cour des comptes, effectué à la demande du gouvernement, relève d’« un devoir de reddition des comptes et d’information du public », a dit M. Faye.

    Pastef, son parti politique, n’avait cessé, avant son accession au pouvoir, d’alerter les ex-dirigeants du pays sur la gestion des finances publiques, selon lui.

    « En 2018 déjà, nous avions écrit aux institutions de Bretton Woods (la Banque mondiale et le Fonds monétaire international), et au ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, pour tirer la sonnette d’alarme », a affirmé le président de la République.

    Pastef attirait déjà l’attention de ces institutions et du gouvernement sénégalais sur « la trajectoire catastrophique qu’étaient en train de prendre nos finances publiques », a poursuivi l’inspecteur des finances publiques élu président de la République en mars 2024.

    À son avis, le rapport publié par la Cour des comptes donne largement une idée de l’ampleur des défis que le gouvernement est appelé à relever.

    L’audit conduit par les fonctionnaires de cette haute institution révèle que le niveau de la dette publique du pays était largement supérieur, entre 2019 et 2023, à celui qu’en donnaient les autorités de l’époque.

    Les auditeurs de la Cour des comptes ont relevé des tirages sur ressources extérieures supérieurs à ceux affichés par le gouvernement de l’époque, des « disponibilités du Trésor supérieures » à celles indiquées par le ministère des Finances et du Budget. Ils ont relevé aussi des anomalies dans la vente d’immeubles appartenant à l’État.

    Des enquêtes seront conduites et des poursuites judiciaires menées contre les auteurs présumés des malversations relevées par la Cour des comptes, a déclaré, jeudi, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

    Selon M. Diagne, ils seront poursuivis en justice pour divers délits : faux en écriture et faux en informatique, détournement de deniers publics et escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, complicité et recel de ces chefs d’inculpation.

    Plusieurs personnalités, dont d’anciens ministres et d’anciens directeurs généraux, ainsi que des comptables et des « particuliers » sont concernés par les enquêtes et les poursuites judiciaires à mener, a-t-il dit lors d’un point de presse.

    HB/ESF/BK

  • SENEGAL-MEDIAS-HOMMAGE / Maison de la presse : des paliers baptisés de noms de figures emblématiques des médias

    SENEGAL-MEDIAS-HOMMAGE / Maison de la presse : des paliers baptisés de noms de figures emblématiques des médias

    Dakar, 15 fév (APS) – Le directeur général de la Maison de la presse Babacar-Touré a honoré, samedi, lors d’une cérémonie, dix figures emblématiques du journalisme au Sénégal, en donnant leurs noms aux paliers et à l’audotorium de cet immeuble de huit étages, a constaté l’APS.

    “En attribuant aux paliers de notre immeuble les noms de figures emblématiques des médias, nous honorons celles et ceux qui ont marqué l’histoire de cette noble profession », a déclaré Sambou Biagui, entouré de plusieurs personnalités du secteur de la presse.

    Le rez-de-chaussée de la Maison de la presse porte désormais le nom d’Eugénie Rokhaya Aw, aujourd’hui disparue, première femme directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI, l’école de journalisme de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

    Les premier et deuxième étages sont respectivement dénommés Kader Diop, ancien chef du bureau de l’Agence France Presse et ancien président du Cred devenu Cored, et Marguerite Thiam, une ancienne de la RTS.

    Le nom de Sidy Lamine Niasse, un des pères fondateurs de la presse privée au Sénégal, est immortalisé au troisième étage au moment où une plaque portant l’effigie de Sokhna Dieng Mbacké, première femme à présenter le journal télévisé et première directrice de la télévision nationale.

    Celle de feu Abdourahmane Cissé Latgana, fondateur de ‘’Lettre fermée’’, premier journal privé trône, ancien de l’APS, ancien correspondant de plusieurs journaux étrangers en Afrique de l’Ouest, dont le New York Times, ancien directeur de l’information sous le ministère de Djibo Kâ, trône au quatrième palier.

    Le défunt cadreur à la RTS Amadou Gaston Faye et feu Alioune Fall sont respectivement les parrains du cinquième et sixième étage. Le septième palier porte le nom d’Abdourahmane Cissé, premier secrétaire général du SYNPICS, tandis que l’auditorium, où s’est déroulée la cérémonie, est baptisé du nom d’Alpha Sall.

    Le dernier et huitième étage, qui offre une belle vue sur Dakar et sa corniche ouest, est désormais dénommé Diatou Cissé.

    Par leur engagement, leur courage et leur passion, a souligné Sambou Biagui, “ces hommes et ces femmes ont contribué à forger l’identité et la crédibilité de ce métier [le journalisme], tout en servant la société avec rigueur et dévouement”.

    “En gravant leurs noms dans les murs de la Maison de la presse Babacar-Touré, nous ne nous contentons pas de leur rendre hommage. Nous transmettons également un message fort aux générations actuelles et futures de techniciens de l’information et de la communication”, a-t-il ajouté.

    “Chaque palier que nous franchissons, chaque étage que nous empruntons, est un pas de plus vers l’excellence, la vérité et la liberté de la presse”, a encore dit Sambou Biagui.

    S’exprimant lors de la cérémonie, Diatou Cissé s’est fortement réjouie de l’hommage qui leur a été rendu, elle et les neuf autres doyennes et doyens de la presse sénégalaise, dont certains ne sont plus de ce monde.

    L’ancienne secrétaire générale du SYNPICS a ainsi rendu hommage aux parrains disparus, particulièrement au regretté Alpha Sall, qui a également dirigé le syndicat des médias sénégalais.

    ‘’Tous ces parrains, aujourd’hui disparus, sont d’éminents professionnels de la communication. Parmi eux, je voudrai distinguer feu Alpha Sall qui est réellement le père de la Maison de la Presse, parce qu’il était le principal porteur de ce projet”, a-t-elle témoigné.

    Le représentant du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Amadou Kanouté, a magnifié cette initiative du directeur général de la Maison de la presse, avant de plaider pour sa pérennisation.

    “Les journalistes ne courent pas derrière les honneurs, mais c’est bien quand même de voir ce qu’il faudrait faire pour encourager ces personnes qui se donnent jour et nuit pour informer, orienter, alerter et veiller à la bonne marche de la société”, a-t-il lancé.

    Les familles des parrains, des personnalités des médias dont le directeur général du quotidien Le Soleil, Lamine Niang, le directeur de la télévision à la RTS, Pape Mady Diop, ont pris part à la cérémonie d’hommage.

    HB/ASB/SMD

  • SENEGAL-JUSTICE-SOCIETE / La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture demande l’abrogation de la loi d’amnistie

    SENEGAL-JUSTICE-SOCIETE / La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture demande l’abrogation de la loi d’amnistie

    Dakar, 14 fév (APS) –  La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la torture, Dr Alice Jill Edwards, a invité, jeudi, l’Etat du Sénégal à abroger la loi d’amnistie qui accorde une immunité de poursuites aux personnes impliquées dans le recours à une force excessive et dans d’autres violations des droits de l’homme commises lors des manifestations entre mars 2021 et février 2024.

    Au terme de sa mission de dix jours au Sénégal au cours de laquelle elle a visité plusieurs lieux de privations de liberté, la responsable onusienne a plaidé pour l’abrogation de loi d’amnistie adoptée, début mars 2024, à l’initiative du président du Macky Sall.

     »Je demande instamment au Sénégal d’abroger la loi d’amnistie qui accorde une immunité de poursuite aux personnes qui auraient été impliquées dans le recours à une force excessive et dans d’autres violations des droits de l’homme commises lors des manifestations entre mars 2021 et février 2024 », a déclaré Mme Edwards à l’APS.

    Selon elle, le gouvernement  »a l’obligation d’établir la vérité sur ces événements, de rendre justice et d’accorder des réparations aux victimes dans les meilleurs délais ».

     »Il faudra se pencher davantage sur certaines accusations portées contre certaines personnes, qu’elles soient inventées, fabriquées ou réelles », a affirmé la Rapporteuse spéciale des Nations Unies.

    Dr Alice Jill Edwards a estimé que la loi d’amnistie ne peut pas bénéficier aux agents de l’Etat qui ont outrepassé leurs prérogatives.

     »Lorsque l’Etat est allé au-delà de ce qu’il aurait dû faire, en arrêtant par exemple des étudiants qui manifestaient pacifiquement, ce n’est pas la loi d’amnistie qui va le couvrir. D’autant que les accusations contre ces étudiants ne sont pas fondées », a déclaré Dr Alice Jill Edwards.

    Après avoir séjourné au Sénégal du 3 au 13 février 2025, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies  présentera un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en mars 2026.

    La loi d’amnistie en question, votée le 6 mars 2023 et promulguée six jours plus tard, concerne les faits se rapportant aux manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024, lesquelles ont occasionné de nombreux décès et donné lieu à des dizaines d’arrestations d’opposants.

    Cette loi d’amnistie avait ouvert la voie à la libération d’Ousmane Sonko et du candidat de son parti à la présidentielle du 24 mars 2024, Bassirou Diomaye Faye.

    De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer son abrogation.

    Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé en décembre 2024, le dépôt prochain à l’Assemblée nationale d’un projet de loi portant abrogation de la loi d’amnistie. S’exprimant dans le cadre de sa déclaration de politique générale, le chef du gouvernement a indiqué qu’il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, mais d’un exercice de vérité et de justice.

     »L’abrogation de cette loi n’est guidée par aucune volonté de chasse aux sorcières ou de vengeance », s’est défendu le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale. Il n’a pas manqué de préciser que l’abrogation de cette loi permettra de faire la lumière et de tirer les responsabilités des uns et des autres quel que soit le bord où l’on se trouve.

    HB/ADL/OID

  • SENEGAL-SOCIETE / Une resonsponsable onusienne déplore la surpopulation carcérale

    SENEGAL-SOCIETE / Une resonsponsable onusienne déplore la surpopulation carcérale

    Dakar, 14 fév (APS) – La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture a déploré la surpopulation dans les prisons sénégalaises et invité le gouvernement à prendre des mesures pour garantir des conditions de détention conformes aux normes internationales.

    ‘’La surpopulation que j’ai vue dans les prisons est dramatique et inhumaine’’, a déclaré, à l’APS, Dr Alice Jill Edwards, qui a séjourné pendant dix jours au Sénégal sur invitation des autorités gouvernementales.

    Au cours de son séjour, elle a visité la Maison d’arrêt de Reubeuss, le Camp pénal de Liberté 6 (prison pour hommes), la Maison d’arrêt pour femmes de Liberté 6, la maison d’arrêt de Thiès (à 70 km de Dakar), et la prison de Saint Louis (nord).

    Dans tous ces lieux de privation de liberté, elle a déclaré avoir ‘’observé des chambres extrêmement encombrées où les détenus partagent de minces matelas et dorment tête-bêche’’.

    Elle a relevé qu’un espace sombre situé sous un superposé unique et long, ‘’mesurant seulement 40 cm de haut, était également utilisé comme espace de couchage et était entièrement occupé’’.

    Dans ces prisons bondées, ‘’les gens dormaient par quarts et dans les couloirs, et il y avait beaucoup trop peu d’installations sanitaires’’, a-t-elle déploré.

    ‘’De telles conditions de détention ne peuvent pas devenir normales. La situation est critique’’, s’est alarmée la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture.

    La responsable onusienne contre la torture dit craindre ‘’fort que le problème de la surpopulation ne soit une poudrière qui pourrait exploser à tout moment, entrainant des émeutes, des violences ou la propagation rapide et incontrôlable de maladies infectieuses et transmissibles’’.

    La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture a déclaré avoir rencontré des directeurs de prisons soucieux, selon elle, de faire de leur mieux pour les détenus.

    Toutefois, elle estime que l’ampleur de la surpopulation est telle qu’elle les amène à ‘’réduire même les normes les plus élémentaires, notamment les rations alimentaires quotidiennes et les directives sur la séparation des différentes catégories de prisonniers’’.

    Face à cette situation, Dr Alice Jill Edwards a invité les autorités gouvernementales à adopter de toute urgence des mesures exceptionnelles pour alléger la pression sur le système pénitentiaire et établir des conditions dignes pour tous les détenus.

    Elle rappelle qu’un Etat a un devoir de diligence particulier à l’égard des personnes privées de leur liberté.

    Aussi, se réjouit-elle du fait que le gouvernement accorde la priorité à cette question en adoptant des mesures comme ‘’l’utilisation accrue du marquage électronique et la construction des nouvelles installations’’.

    D’ores et déjà Mme Edwards a déclaré avoir identifié plusieurs mesures supplémentaires que le gouvernement pourrait envisager, notamment la réduction automatique des peines de 20% pour les prisonniers purgeant des peines de trois ans ou moins et la libération immédiate des accusés qui sont en détention provisoire depuis plus d’un an, à l’exception de ceux qui sont détenus pour les infractions les plus graves.

    ‘’Même avec ces mesures, le problème sous-jacent ne sera pas résolu si les défis en amont de la lenteur de l’administration de la justice ne sont pas résolus’’, a-t-elle averti.

    Elle estime qu’un ‘’changement d’approche est nécessaire, guidé par de nouveaux critères pour les procureurs et les juges afin que le maintien en détention provisoire jusqu’au procès devienne l’exception plutôt que la règle’’.

    ‘’J’ai rencontré trop de détenus qui sont en attente d’un procès depuis des années. C’est inacceptable’’, a-t-elle fustigé.

    Elle a également plaidé pour la libération spéciale de femmes détenues sous l’inculpation d’avortement médical.

    ‘’Une position en contradiction avec le Protocole de Maputo sur les Droits de la femme en Afrique, ratifié par le Sénégal le 27 septembre 2004. En attendant, il n’y a aucune raison de détenir des femmes sous ces accusations’’, selon Dr Alice Jill Edwards. 

    HB/OID/AB