Catégorie : LA UNE

  • SENEGAL-AFRIQUE-ORGANISATIONS / Présidence de la BAD : cinq candidatures retenues, dont celle d’Amadou Hott

    SENEGAL-AFRIQUE-ORGANISATIONS / Présidence de la BAD : cinq candidatures retenues, dont celle d’Amadou Hott

    Dakar, 21 fév (APS) – La Banque africaine de développement (BAD) a publié, vendredi 21 février, une liste officielle comprenant les noms de cinq candidats à l’élection du président de ladite institution, dont ceux du Sénégalais Amadou Hott et du Mauritanien Sidi Ould Tah.

    Les noms du Zambien Maimbo Samuel Munzele, du Tchadien Abbas Mahamat Tolli et de la Sud-Africaine Tshabalala Bajabulile Swazi figurent également sur la liste publiée par le site Internet de la Banque africaine de développement.

    Les candidatures de ces cinq personnalités ont été examinées et retenues par le comité directeur du conseil des gouverneurs de la BAD.

    L’élection du président de la Banque africaine de développement aura lieu le 25 mai prochain à Abidjan, où se trouve le siège de l’institution dirigée depuis 2015 par le Nigérian Adesina Akinwumi.

    CS/ESF/ASG

  • SENEGAL-HYDRAULIQUE / Le président Faye est arrivé à Koungheul pour le lancement du PROMOREN

    SENEGAL-HYDRAULIQUE / Le président Faye est arrivé à Koungheul pour le lancement du PROMOREN

    Koungheul, 21 fév (APS) – Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé, vendredi en fin de matinée, à Koungheul (région de Kaffrine, centre),  où il doit procéder au lancement du Projet de mobilisation des ressources en eau du bassin versant du Nianijia Bolong (PROMOREN), a constaté l’APS.

    Evalué à près de 36 milliards de francs CFA, sur financement de la Banque islamique de développement (BID), en partenariat avec l’Etat du Sénégal, ce projet va contribuer au renforcement de capacité du pays dans la production d’eau potable et favoriser les initiatives économiques, a-t-on appris sur place.

    Prévu sur une période de cinq ans (2025-2030), le projet prévoit la réalisation de travaux d’aménagement et de construction de barrages à Koungheul, renseigne la même source.

    CTS/ADE/SMD/HK/MT

  • SENEGAL-ELEVAGE / Le vol de bétail continue de prospérer dans les régions de Kaffrine et Kaolack, malgré sa criminalisation

    SENEGAL-ELEVAGE / Le vol de bétail continue de prospérer dans les régions de Kaffrine et Kaolack, malgré sa criminalisation

    Par Assane Dème

    Kaolack, 21 fév (APS) – Le vol de bétail hante les éleveurs des régions du centre du pays, malgré le vote, par l’Assemblée nationale, en 2017, d’une loi criminalisant cette infraction.

    En cette matinée ensoleillée, une délégation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) foule le sol du très animé foirail de Dinguiraye, dans la région de Kaolack. C’est le plus grand marché de bétail du département de Kaolack. Il est situé près de la route nationale numéro 4, à 42 kilomètres de la ville de Kaolack. Moutons, vaches, chevaux, ânes et chèvres se vendent ici.

    Selon les autorités administratives locales et les associations d’éleveurs de la zone, certains animaux vendus à Dinguiraye sont le butin de bandes de voleurs qui continuent d’opérer, malgré la criminalisation du vol de bétail au Sénégal depuis 2017. C’est pour lutter contre ce fléau que le bureau ouest-africain de la FAO à Dakar a effectué ‘’une mission de sensibilisation’’ des autorités et des éleveurs sur les conséquences du vol de bétail, du 25 au 28 janvier 2025, dans les régions de Kaffrine (centre) et Kaolack. Le but visé est d’éradiquer ou de réduire fortement l’ampleur de ce fléau, qui est un ‘’frein’’ au développement de l’élevage.

    Le foirail de Dinguiraye est la première étape de cette mission à laquelle participent des membres de l’Association nationale de lutte contre le vol de bétail au Sénégal (ANLCVB). Les membres de cette mission sont saisis de plaintes d’éleveurs récemment victimes du vol de leur bétail. Un phénomène qui, quelquefois, engendre des violences meurtrières. Aliou Ba, un habitant de Keur Bouba, un village du département de Nioro du Rip, dit avoir été victime, le 2 janvier dernier, du vol d’une trentaine de têtes de bétail. ‘’Malgré mes efforts pour retrouver le bétail volé, les témoignages d’un membre de la famille du présumé voleur et les plaintes déposées à la brigade de gendarmerie et au tribunal de grande instance de Kaolack, rien ne bouge. Le voleur circule librement. Il n’est nullement inquiété’’, s’inquiète M. Ba.

    L’élevage est l’une des principales activités économiques des régions de Kaffrine et Kaolack.

    Ce jeune éleveur, membre de l’ANLCVB, évalue le préjudice subi à une vingtaine de millions de francs CFA. Il dit avoir déposé une réquisition à la Sonatel, la Société nationale des télécommunications, dans le but d’identifier le voleur à l’aide de la traçabilité de ses appels téléphoniques. Aliou Ba affirme avoir conservé les enregistrements des appels d’un témoin, qui l’aidait à retrouver son bétail. Ce dernier est entré en contact avec le présumé voleur, qui réclame 500.000 francs CFA pour restituer le butin.

    Le facilitateur, sentant le piège se refermer sur lui, se rétracte. Il dit craindre de se retrouver en prison par le simple fait d’aider l’éleveur à retrouver son bétail. ‘’À ma grande surprise, les gendarmes partis cueillir le voleur constatent qu’il a pris la fuite. Le lendemain, un témoignage est recueilli, selon lequel les animaux volés se trouveraient dans la forêt de Birkilane (dans la région de Kaffrine)’’, raconte Aliou Ba.

    Arrêté quelques jours plus tard et placé en garde à vue, le présumé voleur est ensuite libéré sans jugement, selon lui. L’éleveur, qui a déposé une plainte auprès du tribunal de grande instance de Kaolack, dit toutefois espérer que justice lui sera rendue.

    Arame Diop, une veuve du village de Thiamène Ousmane, dans la commune de Keur Mandongo, est l’une des nombreuses victimes des voleurs de bétail. Elle s’est fait voler six chèvres. ‘’J’ai décidé de mener des activités d’élevage pour gagner ma vie. Malheureusement, les voleurs m’ont privé de tout mon bétail, le seul moyen dont je disposais pour prendre en charge ma famille’’, témoigne-t-elle, désemparée.

    Une réunion de sensibilisation et d’information sur les conséquences du vol de bétail

    Selon le secrétaire général du foirail de Dinguiraye, Abdoulaye Ba, le vol de bétail est très courant dans la zone. À son avis, cette pratique délictuelle prospère parce que les voleurs sont rarement sévèrement punis. ‘’Les trafiquants et les consommateurs de drogues sont traqués et condamnés à de lourdes peines. Les voleurs de bétail, eux, n’ont pas à s’inquiéter’’, s’indigne M. Ba, qui est souvent informé des cas de vol de bétail.

    Modou Fall Sow, un membre du comité communal de lutte contre le vol de bétail de Paoskoto, est d’avis qu’il reste beaucoup d’efforts à fournir par les pouvoirs publics pour mettre les voleurs hors d’état de nuire. ‘’L’État doit prendre des mesures énergiques pour mettre un terme à cette pratique’’, plaide-t-il. Selon Modou Fall Sow, les éleveurs, à eux seuls, ne peuvent pas faire grand-chose contre le fléau dont ils sont victimes, car les voleurs de bétail opèrent souvent en bande, en plus de disposer de voitures pour le transport de leur butin.

    ‘’Les comités de vigilance sont impuissants, et les voleurs bien équipés’’

    Après Dinguiraye, la ‘’mission de sensibilisation’’ de la FAO sur les conséquences du vol de bétail se rend dans la région de Kaffrine, en compagnie de membres de l’Association nationale de lutte contre le vol de bétail. La commune de Missirah Wadène, une zone d’élevage et d’agriculture, accueille les membres de la mission. Le vol de bétail est pratiqué à une grande échelle dans cette municipalité, selon les éleveurs et les autorités locales. ‘’Chaque jour, nous enregistrons des cas de vol. Face à ce phénomène, les comités de vigilance sont impuissants, et les voleurs bien équipés’’, raconte Cheikhna Ba, un habitant du village de Guinté Pathé. En parlant d’équipements, il fait allusion aux véhicules utilisés par les voleurs pour transporter les bêtes volées.

    Le vol de bétail s’accompagne de manœuvres à la fois cocasses et vexantes, dans cette partie du pays. ‘’Chaque fois qu’on vous vole vos animaux, il y a quelqu’un qui vient vous assurer qu’il est possible de les retrouver si vous acceptez de payer pour cela’’, témoigne Cheikhna Ba.

    Maire de Missirah Wadène depuis 2014, Moustapha Ndong fait de la lutte contre le vol de bétail un sacerdoce. La zone est un important carrefour pour les éleveurs maliens, mauritaniens, sénégalais et d’autres pays de la région, selon lui. ‘’Le marché hebdomadaire de Missirah Wadène est le plus important de la région de Kaffrine. Le vol de bétail y est monnaie courante. Avec l’aide des forces de l’ordre et du comité de vigilance constitué par la mairie, nous sommes en train de réduire l’immensité du fléau’’, rassure M. Ndong.

    Samba Thioye, le chef du service départemental de l’élevage de Birkelane

    La position carrefour rend la recherche du bétail volé complexe, laisse-t-il entendre. ‘’Notre marché hebdomadaire accueille une vingtaine de camions remplis de bétail’’, signale Moustapha Ndong, laissant deviner toute la complexité de l’identification des animaux volés parmi des milliers de têtes de bétail.

    Selon le maire de Missirah Wadène, même les femmes qui pratiquent l’élevage de petits ruminants (chèvres et moutons) sont victimes du fléau. Le président du comité communal de lutte contre le vol de bétail de Missirah Wadène, Babou Sow, signale que ce fléau est en train d’‘’anéantir’’ les efforts visant à développer l’élevage dans la région de Kaffrine. ‘’Nous sommes fatigués du vol de bétail […] Les voleurs sont souvent en armes et n’hésitent pas à s’en servir’’, s’indigne M. Sow. Selon lui, les membres du comité communal de lutte contre le vol de bétail exercent leur mission à titre bénévole et sans les moyens nécessaires.

    ‘’On n’ose plus investir de l’argent dans les activités d’élevage à cause du vol de bétail. Il faut que l’État vienne davantage en aide aux populations’’, plaide la présidente d’une association d’éleveuses de Missirah Wadène, Yacine Wade. Aly Dicko, l’un des responsables de la communauté maure de Koungheul, pense que les comités de lutte contre le vol de bétail sont à encourager et à doter d’équipements leur permettant de faire leur travail en toute sécurité. ‘’Ils doivent être protégés. Ils sont souvent victimes d’agressions menées par les malfaiteurs’’, s’inquiète-t-il, signalant que le vol de bétail est surtout fréquent pendant les heures de marché hebdomadaire.

    Certains éleveurs de Koungheul, pour éviter le vol de leur bétail, rémunèrent les membres du comité de vigilance constitué par la mairie, selon leurs délégués. Gallo Maïga, l’un des éleveurs maliens de Missirah Wadène, soutient que les voleurs de bétail bénéficient de ‘’complicités locales’’, parmi certains vendeurs de bétail et transporteurs.

    Le président de l’Association nationale de lutte contre le vol de bétail, El Hadji Aboubacar Bitèye

    La commune de Birkelane, voisine de Missirah Wadène, abrite l’un des plus grands marchés de bétail du Sénégal, que la ‘’mission de sensibilisation’’ de la FAO a visité. Samba Thioye, le chef du service départemental de l’élevage et des productions animales, salue l’initiative de l’agence onusienne. Amadou Seydou Ba, le responsable du foirail de Birkelane, une infrastructure construite par l’Union économique et monétaire ouest-africaine, estime qu’il faut ‘’nécessairement’’ appliquer la loi criminalisant le vol de bétail pour éradiquer ce phénomène ou le réduire à de faibles proportions.

    La loi de 2017 sur le vol de bétail prévoit une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans, ‘’si le vol […] a été commis au préjudice d’une personne qui tire de l’exploitation dudit bétail l’essentiel de ses revenus ou fait de son élevage son activité principale’’. Le législateur exclut le sursis et élève la peine d’amende jusqu’au quintuple de la valeur du bétail volé et fixe un plancher d’amende de 500.000 francs, y compris en cas de tentative de vol. Une dizaine d’années après son vote, cette loi ne décourage nullement les voleurs de bétail.

    ‘’Certains conducteurs de motos peuvent opérer en toute complicité avec les voleurs’’

    Samba Ba, leader d’une association d’éleveurs à Birkelane, soutient que certains ménages ne veulent plus s’adonner à l’élevage à cause du vol de bétail. Ils sont obligés, dès lors, d’acheter le mouton de Tabaski à un prix élevé. ‘’Si nous parvenons à éradiquer ce fléau, nous atteindrons l’autosuffisance du Sénégal en moutons’’, assure M. Ba.

    Les éleveurs de Ndramé Escale et Ndiédieng, deux communes situées dans la région de Kaolack, sont régulièrement victimes des voleurs de bétail. El Hadji Sow, l’un des leaders de l’association communale de lutte contre le vol de bétail de Ndramé Escale, salue le ‘’dynamisme’’ de la lutte menée contre les voleurs, avec le soutien, selon lui, du maire Hamidou Diop et des conducteurs de deux-roues. Par contre, d’autres propriétaires de motos sont sollicités par les voleurs de bétail, selon El Hadji Dramé. ‘’Certains conducteurs de motos peuvent opérer en toute complicité avec les voleurs. Ceux-là ne sont jamais sollicités par notre association’’, soutient-il.

    Le sous-préfet de Ndiédieng, Abdoulaye Diop

    L’abattage clandestin facilite le vol de bétail, selon les éleveurs. Hamidou Diop, le maire de Ndramé Escale, dit compter sur ‘’l’efficacité’’ des services vétérinaires. Le préjudice subi par les éleveurs est tellement important que certains d’entre eux ‘’n’osent plus prendre le risque d’investir’’ dans l’élevage, craignant que leur bétail soit subtilisé par les voleurs, selon M. Diop.

    ‘’Cette situation crée le désœuvrement et l’appauvrissant des populations, des éleveurs surtout. C’est un phénomène qu’il faut combattre’’, insiste le maire de Ndramé Escale.

    Mbaye Seck, l’adjoint du sous-préfet de Ndiédieng, a relevé l’opportunité de la mission menée par la FAO et l’Association nationale de lutte contre le vol de bétail. Il salue la ‘’forte implication’’ et l’‘’engagement’’ du président de l’ANLCVB, El Hadji Aboubacar Bitèye. Cette association veut installer des comités de vigilance contre le vol de bétail dans les 557 communes du Sénégal, selon M. Bitèye. ‘’Si nous parvenons à installer partout dans le pays des comités de vigilance dont les membres sont bien formés, on arrivera à éradiquer ce fléau. Une fois cette étape franchie, nous arriverons facilement à identifier ceux qui s’adonnent au vol de bétail et à les mettre hors d’état de nuire’’, assure le président de l’ANLCVB.

    Le maire de Ndiédieng, Abdoul Aziz Mbodj, signale que l’élevage, l’une des principales activités économiques de cette commune, est de plus en plus délaissée par certains à cause du vol de bétail. ‘’À cause du développement de ce phénomène, beaucoup de personnes comme moi hésitent à investir dans l’élevage.’’ Or, selon M. Mbodj, l’élevage est l’une des principales activités économiques du monde rural.

    Ibrahima Thiam, le chef de la ‘’mission de sensibilisation’’ de la FAO sur le vol de bétail dans les régions de Kaffrine et Kaolack

    Le sous-préfet de Ndiédieng, Abdoulaye Diop, soutient que ‘’l’État n’a jamais cessé de lutter contre le vol de bétail’’. La répression de cette pratique bute sur le manque de ‘’culture de la dénonciation’’ des éleveurs, des populations en général, selon M. Diop. ‘’L’État n’a jamais failli à son devoir d’assistance des populations confrontées au vol de bétail. Nous avons toujours été présents à leurs côtés et leur demandons de dénoncer les cas de vol pour que l’État puisse prendre ses responsabilités et mettre fin à ce phénomène’’, soutient-il.

    ‘’Malheureusement, la non-dénonciation est un obstacle à l’éradication de cette pratique’’, relève Abdoulaye Diop, faisant remarquer avec regret : ‘’Le délit de vol de bétail a été criminalisé mais il persiste.’’

    ‘’On ne veut pas dénoncer les voleurs de bétail’’

    Ceux qui s’y adonnent bénéficient de la complicité d’une partie des populations, selon lui. Pourtant, ‘’toutes les conditions sont réunies pour encourager la dénonciation. Quelquefois, en raison des liens de parenté qu’on a avec eux, on ne veut pas dénoncer les voleurs de bétail’’, révèle le sous-préfet de Ndiédieng.

    Selon Abdoulaye Diop, le vol de bétail favorise le trafic des armes légères. Certains voleurs n’hésitent pas à se munir de ces armes et à s’en servir le cas échéant, signale l’administrateur civil.

    Des malfaiteurs arrêtés pour vol de bétail sont souvent ‘’responsables’’ d’attaques à main armée menées contre des commerces et de braquages signalés dans les zones rurales, selon Astou Fall, la coordonnatrice de la cellule de lutte contre le vol de bétail au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. Les voleurs de bétail profitent quelquefois de ‘’l’insuffisance de la présence des forces de défense et de sécurité’’ dans certaines zones pour opérer en toute tranquillité, signale Mme Fall, précisant que cela arrive souvent le long des frontières avec d’autres pays.

    Le vol de bétail et la circulation des armes légères ou le trafic de drogue vont de pair dans certaines régions du pays, confirme-t-elle.

    L’ingénieur agronome Ibrahima Thiam, expert du bureau de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, tire un bilan ‘’satisfaisant’’ de la mission menée par la FAO pour la sensibilisation, l’information, la communication et le plaidoyer sur le vol de bétail dans le centre du Sénégal. ‘’Notre objectif est de faire en sorte que le vol de bétail soit reconnu au Sénégal et partout en Afrique de l’Ouest comme une entrave au développement de nos pays’’, explique M. Thiam, le chef de ladite mission.

    Les échanges des membres de la mission avec des éleveurs et des autorités administratives des régions de Kaffrine et Kaolack ont permis à la FAO d’appréhender le phénomène, selon M. Thiam. ‘’La FAO va fournir de l’expertise à l’État du Sénégal et aux organisations d’éleveurs, pour les aider à éradiquer le vol de bétail’’, promet-il, invitant les populations à en dénoncer les auteurs.

    ‘’L’implication des [autorités] et des organisations communautaires suffit pour l’éradiquer’’

    Ibrahima Thiam encourage la création des comités de lutte contre ce fléau dans les villages et les communes. Il préconise aussi le recours à la technologie pour retrouver le bétail volé et prévenir les vols, la reconnaissance juridique et administrative des comités de lutte contre le vol de bétail et l’encadrement de leurs activités par les pouvoirs publics.

    Le chef de la mission de la FAO appelle, par ailleurs, à éradiquer les abattages clandestins. ‘’On sait que le mal est profond’’, reconnaît-il, tout en estimant que ‘’l’implication des gouverneurs, des préfets, des sous-préfets, des maires, des chefs de village et des organisations communautaires suffit pour l’éradiquer’’.

    ‘’Le vol de bétail cause énormément de dégâts en Afrique de l’Ouest […] Il existe rarement des données là-dessus mais on parle de pertes estimées à 2 milliards de francs CFA par an au Sénégal. Cette ampleur devrait encourager les pouvoirs publics à investir dans la traçabilité du bétail, pour éviter ces pertes et l’appauvrissement des éleveurs’’, propose-t-il.

    ADE/ASB/HK/OID/ESF/ASG

  • SENEGAL-PRESSE-REVUE / Les quotidiens insistent sur l’état des finances publiques

    SENEGAL-PRESSE-REVUE / Les quotidiens insistent sur l’état des finances publiques

    Dakar, 21 fév (APS) – Les quotidiens, entre les craintes d’un ajustement structurel ou de politiques d’austérité, continuent de porter un intérêt particulier à la situation difficile des finances publiques du Sénégal, sujet parmi les plus en vue dans la livraison de vendredi.

    « Ni austérité, ni ajustement », tient pourtant à rassurer Walfquotidien, se basant sur le point de vue de l’économiste Demba Moussa Dembélé, selon lequel le gouvernement « n’est pas dans une dynamique d’ajustement structurel, contrairement à ce que pensent les syndicats d’enseignants et de la santé ».

    Demba Moussa Dembélé « se dit convaincu que le gouvernement ne va pas aller dans le sens d’une politique d’austérité encore moins d’ajustement structurel », perspective qui « serait contraire à leur philosophie et discréditerait le régime » du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.

    Selon l’économiste, le Premier ministre Ousmane Sonko, attendu ce vendredi à l’Assemblée nationale pour répondre à des questions d’actualité des députés, « devrait édifier les Sénégalais sur les mesures que l’Etat va prendre pour le redressement des finances publiques ».

    L’Alliance pour la République (APR) persiste malgré tout à soutenir le contraire. Le parti de l’ancien président Macky Sall, désormais dans l’opposition, dit voir dans « les mesures d’austérité que le gouvernement veut prendre, une volonté de celui-ci de placer le pays sous ajustement structurel », rapporte le journal Le Quotidien.

    « Il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’un placement du pays sous ajustement structurel », renchérit Vox Populi, en reprenant la position du secrétariat exécutif national de l’APR dont le leader était au pouvoir de 2012 à 2024. Le régime de Macky Sall est accusé par celui de son prédécesseur d’avoir falsifié les comptes publics.

    Le service de la dette et les intérêts « ont explosé »

    Un rapport d’audit de la Cour des comptes, portant sur la période allant de 2019 à 2024, a confirmé ces accusations et a fait état d’un déficit public plus important que celui rendu public.

    La Cour des comptes a également relevé une marge de manœuvre financière quasi inexistante pour l’État du Sénégal et des dettes colossales à rembourser, du fait justement de l’état des finances publiques.

    Selon le quotidien Enquête, l’Etat sénégalais se trouverait même « au bord du précipice », en raison de l’importance de la dette publique. « Le service de la dette et les intérêts […] ont explosé au deuxième semestre 2024. Le Sénégal s’enfonce dans le rouge », semble alerter cette publication.

    Enquête en profite pour revenir sur le déplacement du chef du gouvernement à l’Assemblée nationale ce jour pour répondre à des questions d’actualité des députés.

    « Face aux parlementaires, écrit le journal, le Premier ministre Ousmane Sonko reviendra sans doute sur la situation difficile des finances publiques qui ne cesse de se détériorer depuis les révélations fracassantes de la dette cachée par l’ancien régime ».

    Cette stratégie est « basée sur la transparence », mais elle « fait peser sur le Sénégal de graves risques d’insolvabilité », indique Enquête, loin d’être le seul quotidien à nourrir des craintes à ce sujet.

    Le quotidien 24 Heures, aussi, pointe à sa une « les risques liées à la dette publique [du Sénégal] et aux garanties ». Le journal, citant un rapport des services du ministère des Finances et du Budget, fait état d’une « conjoncture internationale peu favorable, matérialisée par un maintien ou un durcissement des conditions financières […] ».

    S’y ajoutent « une inflation qui demeure relativement élevée, un endettement assez élevé et des tensions géopolitiques, commerciales qui risquent de s’exacerber, [sans compter les] aléas climatiques ».

    L’Etat se désengage de la prise en charge des compétitions africaines de clubs

    Dans ce contexte, les quotidiens anticipent, dans une certaine mesure, les réponses du Premier ministre aux questions des députés. L’As note que d’après les partisans de Macky Sall, « Ousmane Sonko viendra distiller des fake-news et des accusations puériles et sans fondement suite à la publication du rapport de la Cour des comptes » sur l’état des finances publiques.

    Selon L’info, il y a un risque que les échanges soient « à sens unique et en toute complicité entre le pouvoir et sa majorité », alors qu’il en est attendu « un débat contradictoire, garant d’un bon contrôle de l’action gouvernementale ».

    Le Premier ministre devant répondre à 10 questions des députés à cette occasion, Khalifa Sall, opposant politique et ancien maire de Dakar, demande qu’il soit permis à l’opposition « de pouvoir s’exprimer », rapporte Rewmi quotidien.

    L’Observateur et Tribune annoncent que l’Etat sénégalais a décidé de se désengager de la prise en charge des compétitions africaines de clubs. Le ministère des Sports en a informé les clubs, selon le premier des deux quotidiens cités.

    « Désormais, écrit-il, l’Etat du Sénégal n’aidera pas les clubs sénégalais qui participent à la Ligue des champions et la Coupe de la CAF ». « En clair, précise le quotidien Tribune, les services de Khady Diène Gaye ne sortiront plus aucun rond pour acheter le quota de 30 billets d’avion les matchs à l’extérieur ».

    Le Soleil s’intéresse aux rapports entre élevage et souveraineté alimentaire, en perspective de la Journée nationale de l’élevage, prévue ce samedi à Kaolack (centre), une manifestation au cours de laquelle le chef de l’Etat et les acteurs du secteur vont échanger « sur la valorisation des produits d’origine animale », selon cette publication.

     »Malgré son potentiel [au Sénégal], l’élevage reste […] sous-exploité et confronté à moult défis », constate Sud Quotidien, avant de se demander si les nouvelles autorités réussiront « à booster cette filière qui peut offrir de grandes opportunités en matière de revenus, d’emplois et de renforcement de la résilience face aux crises alimentaires ».

    BK

  • SENEGAL-SOCIETE / Une moyenne de 9,4 cas de suicide recensés pour 100 000 habitants, selon une psychiatre

    SENEGAL-SOCIETE / Une moyenne de 9,4 cas de suicide recensés pour 100 000 habitants, selon une psychiatre

    Dakar, 20 fév (APS) – Le taux de suicide au Sénégal s’élève à 9,4 cas pour 100 000 habitants, niveau légèrement au-dessus de la moyenne mondiale de 9 suicides pour 100 000 habitants enregistrée dans le monde, indique la psychiatre Aida Sylla, dans un entretien avec l’APS.  

    ‘’Le Sénégal est légèrement au-dessus de la moyenne mondiale avec 9,4 suicides pour 100 000 habitants’’, a-t-elle souligné.

    Pour la psychiatre en poste au Centre national hospitalier universitaire (CHU) de Fann, à Dakar, ces données sur le Sénégal montrent que le suicide n’est pas un acte étranger dans le pays et sur le continent.

    ‘’Je voudrais insister sur le fait que le suicide est une réalité en Afrique et au Sénégal. Le taux le plus important de suicide est enregistré au Lesotho avec 72 suicides pour 100 000 habitants, alors que le taux mondial est de 9 suicides pour 100 000 habitants’’, a-t-elle précisé.

    Abordant le suicide comme objet d’étude, Aida Sylla fait remarquer que les études au Sénégal sur le sujet remontent à la première moitié du 20e siècle.

    ‘’Les premiers chiffres sur le suicide ont été publiés par Germaine Le Goff, en 1938, dans le Bulletin historique et scientifique de l’AOF [Afrique occidentale française] sous le titre interrogatif, ‘Les Noirs se suicident-ils en Afrique occidentale française ? ’’, a rappelé la première femme agrégée de psychiatrie au Sénégal.

    Selon elle, Le Goff a pu relever 76 suicides qui se sont déroulés en AOF entre 1930 et 1935.

    ‘’Les causes étaient essentiellement le sentiment d’honneur bafouée, la passion, le sentiment de culpabilité’’, précise-t-elle, citant les travaux de la fondatrice de la première école d’institutrices d’Afrique, à Gorée.

    La psychiatre au CHU de Fann a, en outre, indiqué que 439 cas de tentatives de suicide ont été recensés au service de réanimation de l’hôpital Principal de Dakar, entre 1992 et 1996.

    ‘’L’overdose de médicaments, l’ingurgitation d’acide, ou soude caustique ou encore khémé [en wolof] ont été les modes opératoires les plus usités dans ces cas-là, tandis que les motifs les plus évoqués étaient les conflits familiaux et de couples’’, a-t-elle signalé.

    Dans la nuit du 10 février, un étudiant en Master en Sciences juridiques et politiques s’est donné la mort par pendaison dans sa chambre, à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, d’après les résultats d’une autopsie.

    Dans sa lettre d’adieu, il a expliqué son geste par un sentiment d’ ‘’isolement’’ et de ‘’tristesse intense’’.

    ABB/CMS/ASG/SKS

  • SENEGAL-SANTE / Le ministre de la Santé alerte sur l’urgence de renforcer la lutte contre les maladies non transmissibles

    SENEGAL-SANTE / Le ministre de la Santé alerte sur l’urgence de renforcer la lutte contre les maladies non transmissibles

    Dakar,20 fév (APS) – Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, a alerté, jeudi, sur l’urgence de renforcer la lutte contre les maladies non transmissibles qui constituent une menace croissante pour la santé publique.

    ‘’Les maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le rhumatisme, le diabète, le cancer, l’insuffisance veineuse, les maladies respiratoires chroniques constituent aujourd’hui une menace sérieuse pour notre population et notre système de santé’’, a-t-il dit à l’ouverture du troisième congrès international de la Société africaine de rhumatologie (SARH).

    ‘’Leur impact est d’autant plus préoccupant qu’elles affectent des personnes de tous âges, réduisant l’espérance de vie et engendrant des coûts économiques extrêmement élevés pour notre société’’, a-t-il ajouté, rappelant que 53% des décès enregistrés au Sénégal sont liés à ces pathologies.

    Selon l’OMS, ces maladies sont responsables de 74% des décès dans le monde.

    ‘’Ces maladies évoluent de façon inquiétante en raison de plusieurs facteurs, notamment héréditaires, comportementaux et environnementaux. D’où l’importance de rencontres scientifiques, comme ce congrès, qui permettent de partager les connaissances et d’améliorer la formation des médecins ainsi que la prise en charge des patients‘’, a déclaré le ministre.

    Le Sénégal dispose d’un plan national de lutte contre les maladies non transmissibles, actuellement décliné en stratégies spécifiques pour le cancer, le diabète et d’autres affections.

    Toutefois, Ibrahima Sy a insisté sur la nécessité d’un changement de paradigme, mettant l’accent sur la prévention et l’éducation à la santé afin de réduire la morbidité.

    Concernant l’accessibilité des soins, il a reconnu que le coût élevé des traitements représente un défi pour de nombreux ménages.

    ‘’L’accès à une assurance maladie devient une nécessité pour alléger ce fardeau. Actuellement, environ 53 % des Sénégalais sont couverts, mais c’est insuffisant. Nous travaillons avec le ministère de la Famille et des Solidarité pour élargir cette couverture‘’, a-t-il dit.

    Le ministre de la Santé et de l’Action Sociale a également annoncé que son département explore la mise en place d’un centre de prise en charge intégrée des maladies non transmissibles, afin d’offrir aux patients un parcours thérapeutique plus efficace et mieux structuré.

    Ce congrès de trois jours réunit des experts nationaux et internationaux. Il marque une étape importante dans la lutte contre les maladies rhumatismales en Afrique, en mettant l’accent sur la recherche, la formation et l’accès à des traitements innovants.

    AN/HB/SKS/OID

  • SENEGAL-AFRIQUE-ENTREPRISES / Règlementation de la joint-venture : Dakar appelle l’OHADA à examiner ses propositions

    SENEGAL-AFRIQUE-ENTREPRISES / Règlementation de la joint-venture : Dakar appelle l’OHADA à examiner ses propositions

    Dakar, 20 fév (APS) – Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a appelé le Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), jeudi, à Dakar, à se pencher sur les propositions faites par le Sénégal depuis 2013 en faveur de la règlementation de la coentreprise ou joint-venture.

    ‘’L’enjeu de souveraineté économique des États membres devrait également guider l’OHADA dans la conduite du processus législatif relatif à la coentreprise ou joint-venture, qui a fait l’objet de propositions […] déposées depuis 2013 par le Sénégal’’, a dit M. Sonko.

    Il présidait la cérémonie d’ouverture de la 58e réunion du Conseil des ministres de l’OHADA.

    Avant d’inviter l’organisation communautaire à se pencher sur les textes proposés par le Sénégal, Ousmane Sonko s’est réjoui de l’adoption d’un acte qui encadre le fonctionnement des sociétés coopératives dans les pays membres. ‘’On se félicite […] de l’adoption de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives, qui offre un cadre juridique approprié à la pratique de l’économie sociale et solidaire’’, a-t-il dit.

    Le Premier ministre estime aussi qu’‘’il faudrait une parfaite appropriation du droit coopératif [de l’OHADA] et une réelle exploitation de son potentiel systémique’’.

    Il a tenu à signaler que le Sénégal accueille une réunion du Conseil des ministres de ladite organisation ‘’pour la deuxième fois en un an seulement’’.

    Un ‘’levier de stimulation de l’investissement’’

    ‘’Notre pays a très tôt cru en ce modèle de coopération économique, pour avoir été au premier plan dans le processus de création de l’OHADA et grandement contribué au démarrage effectif des activités de ses organes’’, a dit M. Sonko.

    Il s’est souvenu du magistrat sénégalais Kéba Mbaye (1924-2007), dont l’‘’engagement’’ et la ‘’clairvoyance ont été d’un apport fort appréciable dans la réalisation de ce projet communautaire’’, la création de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires. ‘’Nous saluons également l’œuvre de l’[ancien] président de la République du Sénégal, le président Abdou Diouf, qui s’était beaucoup investi dans les premières années de fonctionnement de l’[OHADA] en lui permettant de relever d’importants défis.’’

    ‘’Après trois décennies d’existence, l’OHADA constitue encore un outil incontournable de pilotage des politiques publiques dans nos États. Il est par conséquent de notre responsabilité collective d’œuvrer à la consolidation de ses acquis et à sa pérennisation’’, a dit Ousmane Sonko aux membres du Conseil des ministres de cette organisation.

    Il estime que l’OHADA, un ‘’levier de stimulation de l’investissement, de développement du secteur privé et de dynamisation de la croissance’’, est à préserver et à renforcer, ‘’afin de mieux remplir la mission que [ses] fondateurs lui ont assignée’’.

    ‘’Les performances de notre centre d’arbitrage, dont nous attendons légitimement des revenus substantiels dans la perspective d’un autofinancement progressif des institutions de l’OHADA, sont largement tributaires du choix des femmes et des hommes que vous désignerez pour animer cette institution phare’’, a signalé le Premier ministre.

    ‘’Je vous recommande ainsi de privilégier les qualités personnelles et les capacités opérationnelles des candidats qui vous seront présentés’’, a-t-il affirmé devant le Conseil des ministres de l’organisation.

    Cette instance de l’OHADA est constituée des ministres chargés de la Justice et des Finances de chacun des États membres.

    C’est l’organe législatif de l’organisation créée en 1993 en vue de ‘’la facilitation des échanges et des investissements, la garantie de la sécurité juridique et judiciaire des activités des entreprises’’ dans 17 pays africains.

    ESF/OID

  • SENEGAL-FINANCES / Ousmane Sonko va discuter avec les députés du dernier rapport d’audit de la Cour des comptes, vendredi

    SENEGAL-FINANCES / Ousmane Sonko va discuter avec les députés du dernier rapport d’audit de la Cour des comptes, vendredi

    Dakar, 20 (APS) – Le Premier ministre va discuter avec les députés, vendredi 21 février, de l’audit publié la semaine dernière par la Cour des comptes, concernant la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024, annonce le communiqué du Conseil des ministres.

    Il va s’agir d’‘’échanger avec les députés sur les enseignements à tirer des constatations graves et des recommandations ressortant du rapport définitif de la Cour des comptes sur l’audit […] des finances publiques’’.

    ‘’Le Premier ministre a fait part au Conseil de son passage à l’Assemblée nationale, vendredi 21 février 2025, au titre des questions d’actualité au gouvernement’’, ajoute le communiqué du Conseil des ministres.

    L’Assemblée nationale annonce, pour sa part, que cette rencontre du gouvernement avec les députés aura lieu à son siège à partir de 16 heures.

    L’audit conduit par la Cour des comptes révèle que le niveau de la dette publique du pays était largement supérieur, entre 2019 et 2023, à celui qu’en donnaient les autorités de l’époque.

    Le rapport publié à la fin de l’audit signale l’existence de tirages sur ressources extérieures supérieurs à ceux affichés par le gouvernement de l’époque, des ‘’disponibilités du Trésor supérieures’’ à celles indiquées par le ministère des Finances et du Budget.

    Des anomalies dans la vente d’immeubles appartenant à l’État ont également été signalées.

    Des enquêtes seront conduites et des poursuites judiciaires menées contre les auteurs présumés des malversations relevées par la Cour des comptes, a déclaré le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, la semaine dernière.

    Selon M. Diagne, ils seront poursuivis en justice pour divers délits : faux en écriture et faux en informatique, détournement de deniers publics et escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite, complicité et recel de ces chefs d’inculpation.

    Plusieurs personnalités, dont d’anciens ministres et d’anciens directeurs généraux, ainsi que des comptables et des ‘’particuliers’’ sont concernés par les enquêtes et les poursuites judiciaires à mener, a-t-il dit.

    ESF/ASG

  • SENEGAL-PRESSE-REVUE / Les perspectives du dialogue social en exergue

    SENEGAL-PRESSE-REVUE / Les perspectives du dialogue social en exergue

    Dakar, 20 fév (APS) – Les promesses de dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux font le menu de plusieurs quotidiens parvenus jeudi à l’APS, dont Le Soleil.

    Il annonce que le 27 février est la date retenue pour un « premier tour de table » entre les deux parties, le Premier ministre, Ousmane Sonko, considérant que « ce sera le point de départ d’un dialogue inclusif, franc et patriotique » avec les syndicats, les organisations d’employeurs et de la société civile.

    Les différentes institutions de la République et les dirigeants d’entreprises vont également prendre part aux discussions, de même que des organismes nationaux, des associations et des amicales, indique Le Soleil.

    « Diomaye appelle au dialogue », affiche à ce sujet Le Quotidien, évoquant une « situation économique morose ». Le président de la République, ajoute-t-il, a demandé au Premier ministre de tenir des concertations avec tous les acteurs sociaux.

    « Malgré la publication du rapport très alarmant de la Cour des comptes sur la situation économique et financière, les pouvoirs publics ont des difficultés à convaincre l’opinion d’accepter les sacrifices éventuels qui seraient attendus », fait observer Le Quotidien.

    « La crise de confiance s’installe »

    De nombreux salariés « ne sont pas disposés à accepter des ponctions sur leurs salaires », en plus « des remous » signalés dans le secteur du travail. « Cela semble être la base de l’appel du chef de l’Etat à des concertations avec le gouvernement », selon Le Quotidien.

    Le quotidien Enquête note que les syndicats « exigent un partage équitable de l’effort, face aux réformes d’austérité annoncées ». Il y a aussi que l’absence de concertation « renforce les tensions », pointe le même journal, qui titre à propos : « La crise de confiance s’installe ».

    « Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, le gouvernement sénégalais est confronté à une grogne persistante. Grèves, revendications syndicales et critiques sur les réformes économiques et sociales mettent en lumière les difficultés de sa communication politique », analyse Enquête.

    L’info rapporte que le président de la République a instruit le Premier ministre « d’engager les concertations et de trouver les  »consensus adaptés ». Dans cette perspective, le rendez-vous du 27 février prochain entre le gouvernement et les partenaires sociaux s’annonce comme une « rencontre cruciale », estime le quotidien Libération.

    En attendant, Bassirou Diomaye Faye « appelle à l’application de mesures conjoncturelles et structurelles urgentes’ », signale Libération. « L’Etat sonne la charge », affiche Sud Quotidien, pour dire que le président de la République et son Premier ministre ont annoncé, en Conseil des ministres, « plusieurs mesures pour rationaliser les dépenses publiques, suite aux conclusions du rapport de la Cour des comptes ».

    Des « mesures conservatoires et correctives » annoncées

    Intitulé « Audit du rapport sur la situation des finances publiques – Gestions de 2019 au 31 mars 2024 », ce rapport a confirmé les prévisions alarmantes du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui faisait état d’un déficit public plus important que celui rendu public, concernant la période 2019-2023. La Cour des comptes y relève également une marge de manœuvre financière quasi inexistante pour l’État du Sénégal et des dettes colossales à rembourser.

    L’As annonce justement qu’en Conseil des ministres, « le chef de l’Etat et ses équipes ont évoqué les enseignements et les analyses issus de l’audit des finances publiques réalisé par la Cour des comptes ».

    « Pour corriger les anomalies constatées […], Bassirou Diomaye Faye a appelé ses hommes à appliquer des mesures conjoncturelles et structurelles urgentes pour renforcer la résilience et la crédibilité du système économique, budgétaire, financier et comptable sénégalais », écrit L’As.

    Walfquotidien s’intéresse à la plénière de l’Assemblée nationale devant être consacrée à des questions d’actualité, vendredi. « Sonko refait les comptes », peut-on lire à la une du journal. Il affirme que les députés Pastef (pouvoir) « offrent au Premier ministre Ousmane Sonko une tribune pour qu’il annonce des  »mesures conservatoires et correctives contre les personnes incriminées par le rapport ».

    Pour le reste, les quotidiens annoncent la mort d’El Hadj Elimane Ndour, père de la star sénégalaise Youssou Ndour, à 98 ans. « Un sage s’en va », titre L’Observateur, quotidien du Groupe Futurs médias (GFM) dont Youssou Ndour est le propriétaire.

    Le quotidien Tribune titre le plus simplement possible : « Youssou Ndour a perdu son père Elimane Ndour ».

    BK/MK/HK

     

     

     

  • SENEGAL-MALI-AFRIQUE-CINEMA/PORTRAIT / Souleymane Cissé, la trajectoire d’un monument du cinéma africain auréolé de prix

    SENEGAL-MALI-AFRIQUE-CINEMA/PORTRAIT / Souleymane Cissé, la trajectoire d’un monument du cinéma africain auréolé de prix

    — Par Fatou Kiné Sène —

    Dakar, 19 fév (APS) – Le cinéaste malien, Souleymane Cissé, décédé mercredi à l’âge de 84 ans à Bamako, a été jusqu’à sa mort un monument du cinéma africain auréolé de prix, totalisant plus de 50 ans de carrière et ayant fait rayonner le 7e art du continent partout dans le monde.

    Il devait présider à partir de samedi prochain le jury long métrage fiction de la 29ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.

    Né à Bamako le 21 avril 1940, Souleymane Cissé qui fait son entrée dans le cinéma en 1970 a réalisé de nombreux films? dont ‘’Baara’’ (Le travail) en 1978 Etalon d’or de Yennenga au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) l’année suivante, suivi de ‘’Finyé’’ (Le vent) en 1982 qui sera aussi distingué en 1983 d’un Etalon d’or du Yennenga, faisant de lui le premier réalisateur à être lauréat de cette récompense deux fois. Ce film sera aussi récompensé d’un Tanit d’or aux journées cinématographiques de Carthage, en Tunisie (1982).

    ‘’Baara’’ relate l’histoire d’un jeune ingénieur, révolté par l’attitude de son PDG, qui décide d’organiser une réunion avec les ouvriers pour faire valoir leurs droits. Son patron le fait aussitôt enlever puis assassiner. ‘’Finyé’’, quant à lui, est une chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire. Ce dernier film sera aussi sélectionné au festival international de Cannes en France en 1982.

    Mais c’est ‘’Yeelen’’ (La lumière), son film initiatique sur le douloureux chemin que prend l’enfant pour devenir adulte tourné entre 1984 et 1987, qui obtiendra le prix spécial du jury au festival de Cannes, en 1987. Il devient alors premier cinéaste africain à décrocher une telle distinction à Cannes.

    Souleymane Cissé tourne ‘’Waati’’ (Le Temps, 1995), qui retrace l’histoire de Nandi, une enfant noire d’Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, qui fuit son pays pour partir en Côte d’Ivoire, au Mali et en Namibie, avant de revenir dans son pays d’origine après la fin du régime. Il réalise ensuite ‘’ Min yé’’ qui aborde le thème de la polygamie. Ce film, dans lequel jouent Sokona Gakou, animatrice à Africable, et Assane Kouyaté, est présenté au Festival de Cannes 2009.

    Dans sa riche filmographie, Cissé qui a reçu en 2023 en France la Carosse d’or en ‘’reconnaissance de sa brillante carrière’’ lors de la 76e édition du festival de Cannes. Le trophée avait fait l’objet d’un vol à Bamako l’année dernière, mais il a été finalement retrouvé quelques jours après une grande campagne menée par les autorités maliennes.

    Formé à l’école de cinéma VGIK de Moscou comme Sembene Ousmane

    Fondateur depuis 1997 de l’Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO) qu’il a présidé, Souleymane Cissé a pris goût au cinéma à Dakar où il a passé son enfance alors que son père y travaillait dans le cadre des colonies de l’Afrique occidentale française (AOF).

    Après des études de philosophie, il ira se former entre 1963 à 1969 de l’école de cinéma VGIK de Moscou, où il obtient son diplôme de réalisateur là où des années auparavant le cinéaste sénégalais Sembene Ousmane était passé.

    En 2012, Souleymane Cissé va présenter aux JCC un film hommage à celui que l’on appelait ‘’l’Aîné des anciens’’ intitulé  »O ! Sembene ». Ce documentaire personnel permet à Cissé de faire son deuil après la disparition de Sembène Ousmane le 9 juin 2007. ’Lorsque j’ai été informé du décès, je me suis rendu à Dakar et j’ai commencé à filmer sans savoir quoi capter’’, avait-il dit lors de cette projection à Tunis. Son lien avec Dakar était ‘’très profond’’ et le cinéaste malien ne manquait pas de l’évoquer à chaque sortie.   

    Porte-flambeau d’un cinéma engagé

    Souleymane Cissé est considéré comme le porte-flambeau d’un cinéma engagé, a estimé le journaliste critique Baba Diop qui cite la plus grande œuvre du réalisateur malien comme étant ‘’Yeelen’’ (La lumière).

    ‘’+Yeelen+ est sa plus grande œuvre qui a ébloui le public africain et mondial parce qu’il ouvre une nouvelle écriture cinématographique vers la science-fiction alliée à la tradition qui était très chère à Souleymane Cissé’’, a analysé Baba Diop qui précise que tout le monde a été unanime sur ce film.

    Selon lui, le réalisateur malien disparu ce mercredi a eu, à travers ses films, ‘’un engagement social pour la classe ouvrière, les minorités et se battait contre l’injustice’’. ‘’C’était un réalisateur qui avait une connaissance aigue de sa société et de ses cultures qu’il a toujours revendiquées’’, a dit le critique rendant hommage à Souleymane Cissé.

    Pour l’enseignant Maguèye Kassé, par ailleurs critique de cinéma, ‘’l’Afrique a perdu un cinéaste dont l’esthétique est particulière’’. ‘’Dans ses films décomplexés, il a mérite de mettre le doigt sur un certain nombre de travers de la société. Il fait partie de ceux qui avaient à cœur de participer à la transformation sociale’’, a déclaré le professeur Kassé analysant chacun des films de Souleymane Cissé. Il ajoute que Cissé faisait partie des  »cinéastes prometteurs » qui se sont engagé sans partie pris idéologique après la génération de Sembene Ousmane.    

    Souleymane Cissé a été élevé par le président de la République Amadou Toumani Touré, au rang de Commandeur de l’Ordre national du Mali, le 1er janvier 2006. Il est également élevé au grade de Commandeur des Arts et Lettres de la République Française.

    En 2022, sa fille Fatou Cissé lui consacre un documentaire portrait « Hommage d’une fille à son père : Souleymane Cissé » dont la première mondiale a lieu au festival de Cannes la même année.

    FKS/ADC