Catégorie : Dak’Art 2024

  • SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE / Dak’art : l’artiste Madeleine Devès Senghor redonne une seconde vie à des débris d’objets

    SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE / Dak’art : l’artiste Madeleine Devès Senghor redonne une seconde vie à des débris d’objets

    Dakar, 9 déc (APS) – La section sénégalaise de la Communauté africaine de culture a rendu hommage à l’artiste visuel Madeleine Devès Senghor, dans le cadre de la 15e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (7 novembre-7 décembre).

    Cet hommage lui a été rendu à travers une exposition à la galerie des ateliers du Sahel, à Ouest Foire, où elle redonne vie à des débris d’objets destinés à être jetés aux oubliettes.

    L’artiste sénégalaise dont la création artistique remonte à 1965 travaille avec des résidus de matières auxquels elle tente de redonner une âme esthétique.

    Elle a débuté avec des chutes de morceaux de tissus ramassés chez des tailleurs du marché Sandaga, dans le centre ville de Dakar, vers 1965.

    Les encolures de boubous et autres morceaux de tissus ont donné naissance à une première œuvre dénommée ‘’coups de pinceau’’. Cette oeuvre est composée d’une mosaïque de tissus disposés en losange, en carré ou en rectangle pour créer une certaine harmonie de couleurs.

    Selon l’artiste Madeleine Devès Senghor, le tableau en tissu qui date des années 1970 a été sélectionné en 1995 pour participer à Jakarta, en Indonésie, à l’exposition internationale d’art contemporain, à l’occasion du 40e anniversaire de la conférence des pays non-alignés de Bandung, en Indonésie.

    Une autre toile intitulée ‘’Sahel’’, composée avec des morceaux de tissus découpés à l’horizontale, donne à voir une vision du désert du Sahara avec ses couleurs orange soleil et ses bandes de sables en tissus batik de couleur ocre.

    Le visiteur découvre dans cette exposition des tableaux dont la spécificité réside dans des papiers de journaux teintés avec des compositions de couleurs à bout de souffle qui, parfois, font ressortir des personnages et des patchworks de tissus où, par exemple, la silhouette d’un oiseau au long bec apparaît.

    L’un des tableaux ‘’Marche primée’’ est un hommage à la famille Obama, explique l’artiste, qui compte l’emmener au Musée africain-américain de Washington DC, créé pour honorer la lutte des noirs afro-américains, de la période de l’esclavage à nos jours.

    Outre les chutes de tissus, Madeleine Devès Senghor compose aussi avec des feuilles de rôniers ou des branches et fibres de cocotiers, qu’elle dresse comme des personnages ou des décorations murales.

    ‘’Le cocotier vous donne à boire avec son eau de coco, à manger et vous habille et le tout dans un berceau où nait le coco’’, fait-elle valoir.

    La plasticienne autodidacte donne à voir des sculptures en os découvert aussi dans ses pérégrinations sur les plages, comme cette vertèbre de baleine trouvée sur la plage de la langue de Barbarie, à Saint-Louis, et des os de bec d’un dauphin. Ces os exposés à l’état pur font apparaitre des sculptures de personnages.

    ‘’Mon troisième débris, ce sont les os. Il est intéressant parce que c’est lors d’un voyage à Saint-Louis, vers Tivaouane, que j’ai aperçu quelque chose de blanc et lorsque que je suis descendue pour le récupérer, c’était une hanche d’âne, déjà une sculpture en soi que j’expose ici’’, raconte l’artiste.

    Elle revient sur l’histoire de chaque objet ramassé et cette passion qu’elle cultive tous les jours depuis plus de 50 ans.

    Madeleine Devès Senghor n’hésite pas à aller aux abattoirs pour ramasser dans les poubelles des os et leur donner un sens.

    Elle suggère aux artistes plasticiens d’aller vers des œuvres monumentales, au lieu de rester sur de petites pièces.

    Son rêve, dit-elle, ‘’est de voir un jour sur les allées du Centenaire, une immense sculpture rien qu’avec des os’’, pour décorer les espaces de la ville de Dakar.

    Pour le commissaire de l’exposition, Maguèye Kassé, les œuvres de Madeleine Devès Senghor invitent à la découverte de ce qui est caché, de ce qu’on néglige et à quoi elle donne une nouvelle vie. Elle ‘’s’inspire d’un réel qui semble la rendre fantastique aux yeux du profane’’, analyse-t-il.

    Le professeur Alpha Amadou Sy estime que l’œuvre de Madeleine Devès Senghor s’inspire de la thématique du Dak’art 2024 : ‘’The wake, l’éveil, le sillage’’.

    Personnalité indiquée pour revisiter un pan de la diplomatie sénégalaise en terre brésilienne, Madeleine Devès Senghor fait partie des premières femmes juristes du Sénégal, membre fondatrice de l’Association des juristes du Sénégal.

    Retraitée de la Caisse de sécurité sociale (CSS), elle a aussi été au service de l’intégralité des villages SOS de son pays.

    FKS/SBS/ASG/OID

  • SENEGAL-AFRIQUE-MONDE-CULTURE / Dak’Art 2024 : clap de fin avec une plongée dans les mémoires des corps afro-diasporiques

    SENEGAL-AFRIQUE-MONDE-CULTURE / Dak’Art 2024 : clap de fin avec une plongée dans les mémoires des corps afro-diasporiques

    Dakar, 9 déc (APS) – Une performance intitulée « Algorithm ocean, true blood moves » (mouvements sanguins algorithmiques), une plongée dans les mémoires des corps afro-diasporiques de l’artiste français d’origine martiniquaise Julien Creuzet, a clôturé, samedi, la quinzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, a constaté l’APS.

    La vieille bâtisse de l’ancien palais de justice du Cap Manuel, lieu d’exposition de la sélection officielle ou In du Dak’art, a été envahie à cette occasion par une foule nombreuse, venue assister au spectacle.

    Selon Julien Creuzet, cette pièce de renverse la mémoire transatlantique de l’esclavage grâce à la connectivité mondiale des réseaux sociaux.

    Interprétée par sept jeunes danseurs venus de l’école Alvin Ailey de New York, aux Etats-Unis d’Amérique, la performance questionne un peu l’algorithme, les réseaux sociaux, notamment les platefomes tik tok et instagram, a fait savoir l’artiste.

    Il s’agit, souligne Julien Creuzet, de « montrer comment certains gestes sont utilisés par la jeunesse dans les réseaux sociaux, mais aussi comment ces mêmes gestes relatent une histoire beaucoup plus ancienne liée à la traite des esclaves, à l’exil et l’éveil ».

    Au rythme des résonances du tambour traditionnel martiniquais (Tambour bêlé) du musicien Boris Percu, ces jeunes enchainent des gestes musculaires bien harmonisés, interprétant ainsi la « Shatta », un genre émergent de dance hall électronique martiniquais.

    Le tout est accompagné de la belle voix de la chanteuse haïtienne Malou Beauvoir, qui partage un chant ancestral en langue créole, gratifiant le public métissé d’une soirée mélodieuse.

    « Algorithm ocean true blood moves » est « un choix curatorial qui fait écho au thème de cette quinzième biennale de Dakar +The Wake, l’éveil, le sillage+ », a soutenu Julien Creuset.

    Julien Creuset avait représenté la France lors de la 60e édition de la  Biennale de Venise en Italie. Il avait fait appel à la chorégraphie, la musique et la sculpture pour explorer la mémoire musculaire collective des mouvements à travers l’Atlantique noire.

    A travers la performance « Algorithm ocean true blood moves », conçue avec la chorégraphe brésilienne Ana Pi, les artistes ont marqué de manière époustouflante le clap de fin de Dak’Art 2024.

    Cette performance a été présentée pour la première fois sur le continent africain grâce à « Hartwig art foundation » en collaboration avec « Performa » et le Dak’Art 2024. 

    SC/FKS/ASG/MTN

  • SENEGAL-FRANCE-PATRIMOINE / Restitution des biens culturels : un officiel appelle à entrer dans ‘’une nouvelle séquence’’

    SENEGAL-FRANCE-PATRIMOINE / Restitution des biens culturels : un officiel appelle à entrer dans ‘’une nouvelle séquence’’

    Dakar, 8 déc (APS) – Le Directeur général du Musée des civilisations noires (MCN), Mohamed Abdallah Ly a insisté sur la nécessité d’entrer dans « une nouvelle séquence » dans le cadre du débat sur la restitution des objets culturels africains conservés dans des musées occidentaux.

    ‘’(…) il nous faut entrer dans une nouvelle séquence où nous sommes maîtres des perspectives agitées au niveau des débats, de l‘agenda et du langage’’, a soutenu le directeur général du Musée des civilisations noires.

    Il intervenait lors du vernissage de l’exposition intitulée ‘’Demoon dikkaat-Les Restitués’’ sur le sabre d’El Hadji Oumar Tall (1797-1864) restitué au Sénégal, le 17 novembre 2019 par la France.

    Il estime que  »c’est dans un élan panafricain avec l’appui des actuels gouvernants qui sont sur des questions d’émancipation, de révolution culturelle, que l’on peut arriver à recouvrer ce patrimoine culturel » africain se trouvant dans les musées occidentaux.

    À l’initiative du président français Emmanuel Macron, l’économiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne d’art française Bénédicte Savoy ont rendu, en 2018, un rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain spolié pendant la colonisation et gardé dans les musées occidentaux.

    De nombreux pays africains comptent sur la mise en œuvre effective des recommandations de ce rapport pour entrer en possession de certains objets culturels les plus emblématiques du point de vue de leur identité et de leur histoire.

    Au moins 88 000 objets provenant de l’Afrique subsaharienne sont présents dans les collections publiques françaises, dont près de 70 000 dans le seul musée du quai Branly-Jacques Chirac, à Paris, quand les inventaires des musées africains ne dépassent pas les 3 000 à 5 000 objets, selon la plupart des spécialistes.

    Le Musée des civilisations noires, à travers cette exposition,  »s’exprime dans son langage pour exposer son point de vue sur ce débat », a indiqué Mohamed Abdallah Ly.

    Le sabre d’El Hadji Oumar Tall, le seul objet restitué au Sénégal depuis l’annonce du président Macron, à l’université de Ouagadougou le 28 novembre 2017,  »est isolé dans cette salle d’exposition afin qu’il raconte sa propre histoire », selon M. Ly, l’un des commissaires de cette exposition.

    L’exposition invite le visiteur à se poser des questions sur la restitution des biens culturels annoncée en grande pompe et qui sept ans après n’est pas effective malgré les assurances du président français.

    Parlant au nom de la famille Omarienne, Amadou Moctar Tall  a demandé une restitution du patrimoine d’El Hadji Oumar Tall, évoquant plus de 500 manuscrits se trouvant à la Bibliothèque nationale de Paris, énumérant des kilos d’or, des tambours, etc.

    S’interrogeant sur l’arrêt de ce processus initié par le président français, il a invité  les autorités sénégalaises et françaises à terminer cette restitution des biens culturels africains.

    Prenant part à cette exposition, le secrétaire d’Etat à la Culture, Bakary Sarr, chargé des Industries créatives et du Patrimoine historique a réitéré, l’engagement du Sénégal à récupérer son patrimoine qui lui revient de droit.

    ‘’Les autorités sénégalaises sont dans cet esprit et restent dans cette dynamique de restitution de la souveraineté culturelle du Sénégal’’, a insisté M. Sarr qui a pris part à cette exposition, en présence du Haut représentant du président de la République Aminata Touré.

    Le vernissage de l’exposition ‘’Demoon dikkaat-Les Restitués’’  entre dans le cadre de la célébration du sixième anniversaire du Musée des civilisations noires.

    FKS/ASB/AB

  • SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE / Dak’art 2024 : un espace d’initiation des enfants à l’art aménagé dans les locaux de l’ancien palais de justice

    SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE / Dak’art 2024 : un espace d’initiation des enfants à l’art aménagé dans les locaux de l’ancien palais de justice

    Dakar, 7 déc (APS) – La 15ème biennale de l’art africain contemporain de Dakar qui prend fin, ce samedi, a aménagé en faveur des enfants visiteurs, un espace d’initiation aux métiers des arts visuels dans les locaux de l’ancien palais de justice du cap manuel. Cet événement a été une grande attraction du Dak’art, a constaté l’APS.

    Niché au fond du palais, juste à côté de la salle réservée à la causerie, l’espace pour enfant est une pièce presque carrée peinte en blanc avec  des dimensions d’une salle de classe classique.

    Des tables rectangulaires et une dizaine de chaises, en bois, y sont aménagées.

    Sur les murs sont accrochées les œuvres réalisées par les premiers visiteurs et en dessous, des étagères se trouvent des matériaux utilisés pour l’art plastique : pots de peinture, crayons, feuilles, pinceaux, adhésifs, gomme, etc.

    L’artiste et enseignant d’art plastique, El hadji Ibrahima Ndiaye, chargé d’animer cet atelier pédagogique d’initiation aux métiers des arts explique que  »cet espace sert à mieux faire connaitre la biennale aux enfants et accompagnants ».

    ‘’Le but de cet atelier vise avant tout à faire comprendre aux enfants et autres visiteurs, le sens de la biennale de l’art africain contemporain de Dakar », a-t-il ajouté, relevant que sur le nombre de visiteurs qui viennent, peu savent exactement de quoi il s’agit.

    Selon lui, M. Ndiaye  »l’importance de cet atelier, c’est de réveiller également le sens artistique qui dort chez certain ».

     »C’est important d’expliquer aux visiteurs l’origine et l’objectif de la biennale tout en se focalisant sur le thème de cette année +The Wake, l’éveil, le sillage+ », a-t-il insisté, soulignant qu’expliquer aux enfants comment créer une œuvre d’art va permettre à ces derniers de mieux comprendre, plus tard, les expositions et d’être en mesure de les interpréter.

    ‘’ Il est important que les enfants, les visiteurs connaissent les 58 artistes qui exposent ici dans le IN et comprendre aussi le sens de chaque œuvre par rapport au thème’’, a-t-il réitéré.

    Il a expliqué que la méthode de l’enseignant consiste à laisser libre cours aux visiteurs pour qu’ils se servent de leur imagination.

    Visiblement très occupé, El hadji Ibrahima Ndiaye, explique également le thème aux participants et assiste chacun dans la réalisation de son œuvre, avant d’exposer les meilleures réalisations sur les étagères.

    ‘’Avant de commencer, je les explique d’abord le thème et je les demande de laisser aller leur imagination et après je leur donne la peinture adéquate pour le coloriage’’, a-t-il précisé.

    Il souhaite qu’ à travers cet espace d’initiation aux métiers des arts visuel,  créer  »une élite artistique » de demain.

    M. Ndiaye s’est félicité en outre de la fréquentation du public.   »Même si l’espace est spécialement réservé aux enfants, il est quand même fréquenté par toutes les tranches d’âges, des visiteurs porteurs du concept », a-t-il relevé, soulignant sa  »satisfaction » par rapport au taux de fréquentation.

    ‘’Je suis très satisfait du taux de fréquentation des visiteurs mais aussi des étudiants et élèves de plusieurs écoles qui viennent souvent en incursion pédagogique sur le site’’, a-t-il dit.

    Pour sa première fois à la biennale de Dakar, Khadija, étudiante, dit avoir apprécié cet espace qu’elle a découvert. ‘’C’est une excellente initiative, cela nous permet d’être au contact des métiers de l’art, de les comprendre, de les découvrir. C’est un plaisir d’être là, de découvrir de belles œuvres d’art, de dessiner, de s’amuser et de développer une passion pour l’art’’, confie-t-elle.

    L’étudiant et artiste, Mor Talla Gueye,  a magnifié cette  »initiative excellente », qui permet aux  »participants de connaître et de comprendre la biennale et au-delà de promouvoir l’art en général’’.

    L’étudiante Fatou Anne, concentrée à fond sur l’œuvre qu’elle est en train de réaliser, loue à son tour la mise en place de cet espace d’initiation aux métiers des arts visuel.

    ‘’J’étais venue visiter la biennale, découvrir des œuvres mais j’ai découvert accidentellement la salle d’initiation à l’art. J’ai été séduite par les  dessins accrochés sur les étagères, et j’ai décidé d’y participer’’, a-t-elle expliqué.

    TAB/FKS/AB

     

  • SENEGAL-FRANCE-PATRIMOINE-RESTITUTION / Biens culturels : Bakary Sarr réitère l’engagement du Sénégal à récupérer son patrimoine

    SENEGAL-FRANCE-PATRIMOINE-RESTITUTION / Biens culturels : Bakary Sarr réitère l’engagement du Sénégal à récupérer son patrimoine

    Dakar, 7 déc (APS) – Le secrétaire d’Etat à la Culture, Bakary Sarr, chargé des Industries créatives et du Patrimoine historique a réitéré, l’engagement du Sénégal à récupérer son patrimoine qui lui revient de droit dans le cadre de la restitution des biens culturels africains, une initiative lancée en 2017 par l’actuel président français, Emanuel Macron.

    ‘’Nous sommes engagés dans cette dynamique de restitution du patrimoine qui revient à l’Etat du Sénégal, au peuple sénégalais et africain. C’est dans cette dynamique que l’Etat du Sénégal s’est engagé pour récupérer ce patrimoine qui lui revient de droit en toute souveraineté’’, a déclaré M. Sarr.

    Il présidait vendredi le vernissage de l’exposition ‘’Demoon dikkaat-Les Restitués’’ organisée par le Musée des civilisations noires. Cet événement entre dans le cadre de la célébration du sixième anniversaire de ce musée d’Etat situé à Dakar. Le Haut représentant du président de la République Aminata Touré a pris part à la cérémonie.

     Bakary Sarr, a souligné que ‘’les autorités sénégalaises sont dans cet esprit et restent engagées dans cette dynamique de restitution de la souveraineté culturelle du Sénégal’’.

    Aujourd’hui, dit-il, ‘’ce débat se pose et va devoir nous amener à réfléchir sur quelle posture adopter ou qu’est-ce qu’il faut faire pour que tout le patrimoine africain pillé, confisqué qui se retrouve dans les musées occidentaux, puisse revenir aux Etats africains’’.

    Le secrétaire d’Etat à la Culture reconnait que le débat sur comment arriver à restituer  ce patrimoine est  »ouvert’’. ‘’Les nations africaines  prendront toutes les décisions nécessaires en toute souveraineté et discuteront avec les pays qui confisquent de ces objets afin de trouver des solutions. Il faut nécessairement que ce patrimoine revienne aux pays africains de droit’’, a-t-il insisté.

    FKS/AB

  • SENEGAL-MONDE-CULTURE-TIC / Dak’Art : une ‘’bibliothèque haptique’’ pour décoloniser les savoirs exposée à l’ancien Palais de justice

    SENEGAL-MONDE-CULTURE-TIC / Dak’Art : une ‘’bibliothèque haptique’’ pour décoloniser les savoirs exposée à l’ancien Palais de justice

    Dakar, 6 déc (APS)- L’installation d’une ‘’bibliothèque haptique’’, un concept alliant technologie et tout ce qui est en rapport avec le sens du toucher et les traditions africaines est une des innovations de la 15e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art) qui prend fin, samedi.

    Cette bibliothèque vise  »à décoloniser les savoirs et à élargir l’espace de connaissance » dans un travail d’éveil pour répondre au thème de la Biennale 2024  »The Wake, l’éveil, le sillage », a a expliqué la Sénégalaise Tabara Korka Ndiaye, l’une des commissaires de cet évènement culturel.

    ‘’La bibliothèque haptique se présente comme une bibliothèque anticolonialiste qui repense et détourne la bibliothèque comme un souk, un espace assez politique, fluide pour le désir du commun’’, a t-elle ajouté.

    Pour Tabara Korka Ndiaye, il s’agit surtout  »(…) de rouvrir des archives oubliées qui ne se limitent pas à la matière écrite, à la finitude du livre et à l’idée conventionnelle de la bibliothèque’’.

    ‘’Elle sert de laboratoire d’imagination et de pensée radicale. Ici l’acte de remémorer devient une forme de réécriture et de résistance aux récits coloniaux qui ont démembré l’affectivité, des liens et des cultures entières’’, a souligné la commissaire.

    Initiée par ‘’Archive Ensemble’’ créée en 2009, la bibliothèque, installée dans une salle qui jouxte celle de la Cour Suprême de l’ancien palais de justice du cap manuel, ‘’remet en question la domination inhérente de la vue et de la matière imprimée en confrontant de multiples approches afin d’inscrire un savoir et de le disséminer dans une proximité qui encourage l’interaction’’.

    Elle étudie aussi, selon Mme Ndiaye, les possibilités d’édition dans le sens large du terme en puisant dans des connaissances ancestrales et une pensée extra logique pour permettre aux visiteurs de vivre des expériences sensorielles uniques.

    Cette bibliothèque haptique a été l’attraction du Dak’art pour les visiteurs émerveillés par ce concept.

    Elle est constituée de huit écrans, alignés tout autour, sur lesquels apparaissent des images, accompagnées de musique et montrant ainsi comment fabriquer les pagnes tissés qui sont suspendus au plafond et un peu partout sur des présentoirs en fer.

    Des étagères de livres de la littérature négro-africaine et du black féminisme, de la poterie, des cassettes à bandes de musique anciennes de célèbres artistes sont également étalées un peu partout dans cette grande pièce.

    Une musique basse et continue donne une ambiance détendue dans l’espace. Les œuvres sont disposées de telle sorte que les utilisateurs puissent entrer en contact direct par le toucher, l’ouïe et par la vue avec les principaux éléments.

    Venue visiter la biennale, Joëlle, étudiante d’origine nigériane, scotchée devant les étagères de livres, apprécie l’endroit. ‘’Je suis nourrie de la littérature négro-africaine qui montre l’importance de la culture africaine et cela se reflète dans ce lieu’’, dit-elle, ajoutant qu’un tel lieu lui renseigne davantage sur son identité culturelle et sur la culture d’autres pays africains.

    Ndèye Marème Sougou se dit impressionnée par ce qu’elle a vu. ‘’C’est totalement différent des bibliothèques que je vois en général, le décor me touche vraiment, j’aime bien les différentes ambiances ; d’une part les vidéos avec de la musique et d’autres part l’aspect silencieux les livres’’, raconte-t-elle.

     »’C’est intrigant, mais aussi fascinant en même temps. C’est notre histoire, notre culture’’, lance-t-elle.

    L’étudiante Siny Ndiaye se dit très heureuse de visiter un tel lieu.  »C’est très joli, le décor est très bien réussi et je découvre d’autres aspects de notre culture que je ne connaissais pas », explique-t-elle pointant du doigt les écrans montrant les méthodes de fabrication des pagnes et nattes tissées.

    Elle se dit fière de découvrir la littérature négro-africaine et le concept ‘’black féminisme’’ à travers cette bibliothèque.

    Massiré Ndiaye, étudiant en master, abonde dans le même sens. Il apprécie le concept de la bibliothèque et se dit heureux de visiter cet endroit qui se dit ‘’anticolonialiste’’.

    La Camerounaise Flore salue elle aussi le concept et se dit fière de découvrir des artistes camerounais sur les cassettes à bande exposés.

    ‘’J’aime vraiment cet endroit surtout les pagnes et la sculpture. C’est un très beau décor’’ confie-t-elle.

    TAB/FKS/OID/SBS

  • SENEGAL-CULTURE-REPORTAGE / Dak’Art 2024 : le public à la découverte des oeuvres d’art

    SENEGAL-CULTURE-REPORTAGE / Dak’Art 2024 : le public à la découverte des oeuvres d’art

    Par Aïssatou Bâ

    Dakar, 3 déc (APS) – Les sites de la 15ème Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art 2024), dont le Musée des civilisations noires et l’ancien palais de justice du Cap Manuel, attirent un nombreux public dakarois composé surtout de Sénégalais mais aussi de visiteurs de diverses nationalités.

    Enfants, jeunes et vieux, tous se donnent rendez-vous chaque soir sur les sites emblématiques du Dak’art 2024.

    Certains viennent de départements de la région de Dakar éloignés, comme Rufisque, pour visiter les œuvres exposées dans ces lieux accueillant des activités de la biennale à Dakar-Plateau notamment.

    Par exemple, au Musée des civilisations noires, en particulier au pavillon Sénégal, tout le décor est conçu de manière à accrocher le public.

    De la tapisserie du peintre Manel Ndoye, lauréat du prix de la ville de Dakar, en passant par la statue de perlage ‘’Ayda Suka’’ de l’artiste Oulimata Touré, ou encore la fresque de l’artiste Sadio Diallo, tout y est fait pour permettre au visiteur d’entrer en contact direct avec le monde des arts.

    Penda Racine Kâ, étudiante à l’Institut de formation en administration et création d’entreprise de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (IFACE-UCAD), trouve ‘’instructives et magnifiques’’ les œuvres exposées qu’elle a eues l’opportunité de visiter.

    Assise à même le sol sous le tableau ‘’Avion’’, de l’artiste sénégalais Sambou Diouf, Penda Racine Kâ effectue sa visite en compagnie de ses deux camarades.

    Elles semblent littéralement toutes tombées sous le charme des tableaux des artistes participant à la biennale, qu’elles qualifient tous d’‘’incroyables’’.

    Pour sa première visite au Dak’art, cette adolescente est subjuguée par les œuvres des artistes internationaux des deux pays invités d’honneur de la manifestation culturelle :  les Etats-Unis et le Cap Vert.

    ‘’La biennale est une belle initiative. Moi particulièrement, c’est la première fois que je visite [le Dak’art] et c’est juste incroyable, c’est merveilleux. On apprend plein de chose à travers l’art’’, lance-t-elle dans un large sourire.

    Portable posé  sur son sac, Diarra Niang se filme en train de danser, un numéro qu’elle explique par le fait que les œuvres d’arts lui parlent.

    ‘’Ces œuvres me parlent. Je suis très enthousiaste de me retrouver ici. C’est aussi ma première fois de visiter la biennale de Dakar. J’ai été attirée par un tableau dans lequel des couvercles ont été utilisés pour créer un bonhomme. Je pense que c’était un tableau américain ou capverdien, je ne sais plus’’, lance t-elle, tout excitée.

    Trouvé en face de la ‘’Portée culturelle’’, une tapisserie de 5 mètres ayant permis au peintre sénégalais, Manel Ndoye, de gagner un prix, Babacar Junior Ndour, un jeune venu de Rufisque, est lui aussi ravi par ce qu’il vient de voir.

    Assis sur un banc au pavillon Sénégal, cet étudiant qui vient à peine de décrocher son bac, se dit impressionné par le talent des artistes de la biennale.

    ‘’Ces œuvres sont très remarquables. En les observant, l’on a l’impression qu’il y a un message caché que les artistes vous poussent à découvrir’’, lâche-t-il, en fixant une tapisserie.

    A l’en croire, ces œuvres demeurent non seulement ‘’intrigantes’’, mais sont aussi ‘’significatives et poussent à aller en profondeur’’.

    Gabriel Eric Coly, un étudiant de l’Ecole des beaux-arts de Dakar, souligne quant à lui l’importance des échanges culturels entre le Sénégal et les autres nations.

    Pour lui, ‘’c’est un réel plaisir de voir qu’à travers l’art, les gens peuvent voyager et aller à la découverte de plusieurs horizons et des cultures différentes’’.

    L’artiste en herbe indique que sa visite, lui permet de découvrir non seulement des nouvelles techniques et formes de vision, mais également d’enrichir son bagage en tant qu’artiste.

    Des visiteurs impressionnés par les oeuvres d’art

    A l’ancien palais de justice du Cap Manuel sont exposées les œuvres des artistes sélectionnés dans l’exposition internationale ou IN.

    Dès l’entrée, l’on aperçoit aussitôt les va-et-vient des visiteurs. A l’intérieur du palais, dans la cour menant vers les salles d’exposition et de ‘’talk show’’, sont dressées des œuvres gigantesques en métal, en fer ou encore de grands tableaux de plus de cinq mètres.

    De ‘’Albourah troto’’, une ambulance hippomobile multifonction du designer sénégalais Bassirou Wade, au fauteuil en pouf du Marocain Younes Duret, en passant par le concept des cellules séparées de l’artiste Nigériane et Britanique, Ifeanyi Oganwu, le visiteur ne peut rester indifférent.

    De nationalité gabonaise, l’étudiante Emmanuelle affirme que la biennale est une opportunité pour elle de venir découvrir des œuvres artistiques.

    Résidant à Dakar depuis cinq ans, elle souhaite voir ce genre d’initiative être dupliqué dans plusieurs pays africains, notamment au Gabon.

    ‘’Il y a des choses qu’on ne connaît pas. On vient, on apprend et on découvre aussi certains artistes de différents pays. Ce qui m’a vraiment captivée, c’étaient les tenues africaines. C’était vraiment beau le détail des tenues. C’était vraiment joli’’, précise-t-elle faisant allusion au clin d’oeil fait à la mode dans la section design.

    De taille élancée, Samir est un ressortissant libanais qui est né et a grandi à Dakar. Il estime que le Dak’Art est le meilleur espace pour ‘’s’évader’’.

    ‘’Je ne suis pas vraiment un amateur d’art. Le seul endroit où je peux peut-être chercher à prendre mon temps et peut-être comprendre quelque chose, c’est l’ancien palais de justice, à travers la biennale’’, explique-t-il.

    Trouvé derrière la grande cour du palais où sont logées certaines œuvres des designers sénégalais, Samir pense que la biennale est une grande opportunité pour mettre les œuvres des artistes du pays, en ‘’valeur’’.

    Vêtu d’un tee-shirt et d’un pantalon marron, François Diatta, étudiant à l’Ecole polytechnique de l’UCAD, déclare être impressionné par l’œuvre d’art ‘’Vent des plumes’’, du designer camerounais, Serge Mouangue.

    ‘’Il y a une œuvre là-bas derrière qui est sous forme de plumes d’Autriche. Cela me parle. Lorsque je l’ai vu, j’avais l’impression de voir des plumes d’anges’’, lance-t-il, en riant aux éclats, avant de rejoindre ses camarades.

    AMN/ASG/OID

  • SENEGAL-CULTURE-MODE / Dak’Art : une exposition de tenues traditionnelles et de foulards de tête au centre culturel régional de Diourbel

    SENEGAL-CULTURE-MODE / Dak’Art : une exposition de tenues traditionnelles et de foulards de tête au centre culturel régional de Diourbel

    Diourbel, 2 déc (APS) – Le centre culturel régional de Diourbel (centre) a abrité dimanche une exposition de tenues traditionnelles et de foulards de tête (moussor), dans le cadre de la délocalisation de certaines activités de la quinzième édition de la biennale de l’Art Africain contemporain (Dak’art), dans les régions.

    « Nous avons organisé cette exposition pour montrer la nécessité de délocaliser certaines activités de la biennale dans les autres régions afin d’encourager les jeunes à embrasser la culture », a expliqué l’initiatrice de cette exposition, Awa Seck surnommée  »Awa moussor ».

    Selon elle, au-delà de l’aspect esthétique, la culture et la création de boubou africain peuvent être un moteur de développement économique.

    Mme Seck dit vouloir à travers son exposition inspirer les jeunes de Diourbel à s’intéresser à la culture et à croire à leur capacité entrepreneuriale.

    « L’exposition va se dérouler jusqu’au 6 décembre prochain avec plusieurs activités comme des ateliers de peinture et l’animation de panels », a-t-elle dit.

    Awa Seck a invité les pouvoirs publics à accompagner davantage les acteurs culturels locaux pour booster le potentiel des terroirs.

    MS/ASB/OID

  • SENEGAL-GBRETAGNE-CULTURE / Dak’Art 2024 : quatorze artistes vivant avec un handicap exposent au British Council

    SENEGAL-GBRETAGNE-CULTURE / Dak’Art 2024 : quatorze artistes vivant avec un handicap exposent au British Council

    Dakar, 30 nov (APS) – Quatorze artistes vivant avec un handicap exposent leurs œuvres photographiques, au British Council, dans le cadre de la 15ème Biennale d’art africain contemporain de Dakar, a constaté l’APS.

    Environ une cinquantaine de photographies des membres de l’Association Handicap.SN, y est exposée dans une initiative d’appui à la créativité et à l’entreprenariat de ce centre d’apprentissage de l’anglais.

    ‘’C’est un plaisir d’avoir cet événement et de pouvoir renforcer cette coopération culturelle entre le Royaume-Uni et le Sénégal. D’autant plus que ces œuvres sont réalisées par des gens en situation de handicap’’, a déclaré l’ambassadrice du Royaume-Uni au Sénégal, Juliette John.

    ‘’Je pense qu’ils apportent une certaine sensibilité, à travers des thèmes ou des prises de vue qui nous ouvrent un peu l’esprit’’, a-t-elle ajouté.

    S’adressant à la presse à l’occasion de l’exposition ‘’Creative DNA’’, elle a souligné l’importance de donner aux personnes en situation de handicap, non seulement une place et une scène, mais aussi un accompagnement dans la formation, en vue d’apprécier leur ‘’talent’’ et leur ‘’créativité’’.

    ‘’Cette exposition photo est un espace à la fois de formation et d’exposition des œuvres uniques de 14 photographes en situation de handicap, qui s’inscrit dans un partenariat de longue date avec l’association Handicap.SN’’ a, pour sa part, soutenu la représentante résidente de British Council, Morgane Quemener.

    Elle a relevé que l’exposition s’inscrit dans leur engagement ‘’profond’’ pour ‘’l’égalité, la diversité et l’inclusion’’, mais également dans le cadre d’un vaste programme de soutien aux talents créatifs et entrepreneurs du Sénégal.

    Le président de l’association Handicap.SN, Khadim Talla, a, quant à lui, rappelé qu’à partir l’image, on peut donner un visage à la société du point de vue politique et culturel. 

    ‘’A travers ces photographies, vous avez plusieurs obstacles auxquels les personnes handicapées sont souvent confrontées dans la société, notamment dans la culture, l’éducation, l’emploi, l’auto-emploi et l’accessibilité’’, a-t-il souligné.

    AMN/ASB/ABB

  • SENEGAL-CULTURE-MODE / Dak’Art: défilé du collectif des fashion designers, ce vendredi

    SENEGAL-CULTURE-MODE / Dak’Art: défilé du collectif des fashion designers, ce vendredi

    Dakar, 29 nov (APS) – Le collectif des fashion designers organise un défilé et un vernissage, ce vendredi, dans le cadre de la quinzième de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, une première dans l’histoire de ce rendez-vous culturel.

     »Cet évènement est déjà une réussite parce que ce n’était pas évident de participer à la biennale. Mais on s’est imposé pour prendre notre place », a déclaré la styliste Collé Sow Ardo, lors d’une conférence de presse animée par le collectif constitué de 9 maisons de couture.

     »Brassage culturel à travers la mode » est le thème du défilé.

     »Pour notre première participation à la biennale, nous avons jugé nécessaire de parler de l’union, parce que la mode est un trait d’union, elle permet de rencontrer l’autre », a déclaré Lahad Gueye, au sujet du thème.

    MYK/FKS/OID