Catégorie : Thiaroye 44

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE/MEMOIRE / Thiaroye 44 : un historien appelle à « se départir » des documents coloniaux pour l’avènement d’un nouveau narratif

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE/MEMOIRE / Thiaroye 44 : un historien appelle à « se départir » des documents coloniaux pour l’avènement d’un nouveau narratif

    Dakar, 16 déc (APS) – L’historien Mamadou Fall a préconisé la production d’archives vivantes, appelant à ‘’se départir’’ des documents administratifs coloniaux qui ‘’ne permettent pas de changer d’échelle pour sous-tendre un nouveau narratif’’ national et africain sur le massacre des tirailleurs sénégalais perpétré le 1er décembre 1944 à Thiaroye, dans la banlieue dakaroise.

    ‘’Il faut se départir des documents administratifs, car ces derniers restent une production coloniale et ne permettent donc pas de changer d’échelle pour sous-tendre un nouveau narratif qui soit national et africain’’, a soutenu, samedi, l’historien.

    Il s’exprimait lors d’une table ronde organisée par le Musée des civilisations noires dans le cadre des commémorations du 80-ème anniversaire du massacre de Thiaroye en 1944. M. Fall milite pour des archives plus vivantes, susceptibles de contourner définitivement le narratif déjà puissant de la France et de l’Occident de manière générale.

    ‘’Si on arrive à regrouper des milliers de noms de Sénégalais, de Baoulés (de Côte d’Ivoire), des milliers de noms d’Africains, qui ont été les acteurs principaux de ce massacre colonial qu’on a vécu à la fin des années 40, je crois que pour la première fois, nous pouvons non seulement produire des archives vivantes, mais créer une nouvelle histoire’’, a déclaré M. Fall.

    Il affirme qu’‘’on en est arrivé à un moment où, maintenant, nous pouvons faire l’histoire du tirailleur, non pas à travers le prisme étroit des archives, mais on peut désormais faire l’histoire du tirailleur à partir d’une archive globale, qui a un narratif, qui a un texte, qui a une voix’’.

    Pour une documentation plus exhaustive du massacre de Thiaroye, le comité de commémoration de ce massacre estime qu’il est aujourd’hui ‘’crucial de croiser les données recueillies au Sénégal et en Afrique aux données présentes en France’’.

    ‘’Cela passe, entre autres, à travers des sources documentaires, à savoir le témoignage des fouilles archéologiques ou même des travaux académiques relatifs à Thiaroye 44 soutenus au Sénégal et à l’échelle de l’Afrique’’, souligne l’archiviste Thierno Kandji.

    Kandji est le président de l’Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes, et membre du comité de commémoration du massacre.

    Le directeur du patrimoine culturel, Oumar Badiane, précise qu’aucun livre ni document, ni article ne renvoient au massacre de 1944.

    ‘’Tout ce que l’on a sur les tirailleurs, c’est une fiche qui présente les cimetières, des tirailleurs. Une fiche, qu’il faut documenter davantage’’, suggère-t-il.

    Cette rencontre qui a réuni des intellectuels de différentes disciplines a permis de discuter sur des stratégies, en vue d’accompagner la politique mémorielle du Sénégal dans l’écriture de l’histoire de ce massacre.

    Selon les organisateurs, l’objectif est de rendre compte du travail déjà accompli par les bibliothécaires et archivistes et d’évaluer l’apport des sources documentaires dans la compréhension du massacre de Thiaroye.

    Il s’agit aussi, ajoutent-t-ils, d’aborder de manière critique la question de la mémoire et des politiques nationales relatives au patrimoine documentaire de manière plus large et enfin de définir des stratégies pour soutenir les politiques mémorielles.

    SC/FKS/ASG/AB

  • AFRIQUE-PATRIMOINE-CULTURE-PLAIDOYER / Une historienne française préconise une diffusion large du film  »La gloire du chasseur Thiaroye »

    AFRIQUE-PATRIMOINE-CULTURE-PLAIDOYER / Une historienne française préconise une diffusion large du film  »La gloire du chasseur Thiaroye »

    Dakar, 5 déc (APS) –L’historienne française Armelle Mabon a insisté sur la nécessité de procéder à une ‘’diffusion la plus large possible’’ en Europe et en Afrique du documentaire ‘’La gloire du chasseur Thiaroye’’ de la réalisatrice sénégalo-belge, Diaka Ndiaye, pour une meilleure compréhension de la mémoire des tirailleurs sénégalais.

    « La gloire du chasseur Thiaroye’’ est un documentaire de 90 minutes qui aborde l’histoire de Birame Senghor, ancien gendarme, qui cherche à obtenir depuis des décennies réparation, après la mort de son père, Mbap Senghor, matricule 32/124, un tirailleur tombé sous les balles des soldats français le 1er décembre 1944 à Thiaroye, en périphérie de Dakar.

    Le film a été projeté, lundi à Dakar, en présence d’un public nombreux et de plusieurs sommités intellectuelles dont l’historienne française Armelle Mabon. Cette projection entre dans le cadre des activités commémoratives du 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye.

    ‘’Ce film doit être diffusé le plus largement possible à la télévision sénégalaise, mais pas seulement. Il doit être diffusé à la télévision belge, française et ailleurs parce qu’il faut que la compréhension soit de part et d’autre’’, a déclaré Armelle Mabon qui a assisté à la projection de l’avant-première du film au musée des civilisations noires à Dakar.

    Dans ce film, la réalisatrice Diaka Ndiaye met l’accent sur la façon dont le massacre des tirailleurs a été ‘’maquillé par le mensonge d’Etat’’ des dirigeants français de l’époque coloniale.

    ‘’Il faut continuer à faire pression pour les quelques personnes en France qui s’arcboutent pour ne pas faire avancer cette histoire de belle manière en nous donnant les archives qui existent’’, a plaidé Armelle Mabon.

    L’Ivoirien Ange David Daimey de la convention du panafricanisme et du progrès, venu à Dakar, pour participer à la commémoration du massacre de Thiaroye, salue la célébration de ‘’la justice mémorielle’’, saluant un ‘’acte fort’’.

    ‘’Ce film qui met au cœur la réalité des Africains, est un débat pour l’Afrique, mais c’est aussi un point d’ancrage, un exemple que tous les autres pays doivent suivre. Et j’espère que ce film va être projeté dans d’autres capitales comme Abidjan, Bamako et au-delà’’, a poursuivi Ange David Daimey

    Il a estimé que la commémoration du massacre de Thiaroye ‘’n’est pas faite dans un esprit de vengeance, mais plutôt dans celui de donner ce sentiment d’appartenance à l’Afrique, de commémorer ce moment important pour que cette tragédie soit le socle du panafricanisme’’.

    L’universitaire américano-ivoirien Gnaka Lagoke qui vit aux Etats-Unis a magnifié ‘’l’acte fort posé par les nouvelles autorités sénégalaises dès la première année de gestion » pour la restauration mémorielle liée au massacre qui a été perpétré au camp de Thiaroye, ce 1er décembre 1944.

    ‘’Cela permet de fédérer les énergies et de rassembler le maximum d’Africains autour des questions liées à la justice mémorielle, la réparation. (…). Ce film est un document historique qu’il faut vulgariser. Nous sommes venus, nous avons vu, nous allons en parler’’, a-t-il dit après avoir assisté à la projection du documentaire.

    L’universitaire a plaidé pour que le film soit traduit en anglais, en portugais et dans d’autres langues ‘’pour qu’il y ait un maximum de personnes qui le voient’’.

    Le professeur Massamba Guèye, par ailleurs conteur, a aussi abondé dans ce sens en souhaitant que ce film soit diffusé dans les écoles sénégalaises.

    FKS/MTN/OID

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Thiaroye 44 : les historiens invités à la vigilance

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Thiaroye 44 : les historiens invités à la vigilance

    Dakar, 3 déc (APS) – Les historiens doivent toujours faire preuve de vigilance dans le travail de mémoire et éviter de ‘’se laisser embarquer par un dossier’’, a recommandé l’universitaire sénégalais Ibrahima Thioub, en prononçant, lundi, la leçon inaugurale du colloque international organisé à l’UCAD, à l’occasion de la commémoration des 80 ans du massacre de Tirailleurs sénégalais à Thiaroye.

    ‘’En vue d’une histoire de mémoire, les historiens doivent toujours garder la vigilance et ne pas se laisser embarquer par un dossier. Ils ont à investir cette mémoire, à en faire une matière première pour en rendre compte dans les règles de la discipline’’, a-t-il préconisé.

    Il a appelé ses collègues historiens à “rester attentifs à la différence des visées”, précisant que “la visée mémorielle n’est pas la visée historienne”.

    Ibrahima Thioub estime que si les historiens font le travail et un travail d’historien, ils peuvent éclairer la mémoire, donner de la matière à la mémoire, pour que soient édifiés en toute connaissance de cause, des monuments, pour que des films de très bonne qualité continuent d’être produits.

    Il estime en effet que ‘’la mémoire a cette capacité à mobiliser que les historiens n’ont pas’’.

    “S’il y a un évènement survenu durant la deuxième Guerre mondiale qui demeure ancré, vivace dans les mémoires africaines de la colonisation, c’est bien le massacre des tirailleurs sénégalais, survenu le matin du 1er décembre 1944”, insiste le professeur Ibrahima Thioub.

    Il soutient que ‘’c’est une tragédie qui se rattache en fait, à une longue tradition du gouvernement colonial de répression et de maintien de l’ordre public”.

    L’ancien directeur de l’Institut interdisciplinaire virtuel des hautes études sur les esclavages et les traites indique que la sensibilité de la question dans les relations franco-africaines explique certainement, le renoncement du Sénégal à faire du 1er décembre la date de commémoration de la journée du tirailleur, sous le règne du président Abdoulaye Wade.

    ‘’La mémoire africaine construite sur le passé des tirailleurs se révèle comme toute mémoire sélective”, a souligné le Pr Thioub, fondateur du Centre africain de recherches sur les traites et les esclavages du département d’histoire de l’UCAD.

    Ce colloque est organisé par la Faculté des lettres et sciences humaines de l’UCAD, en partenariat avec le comité scientifique de la commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs à Thiaroye.

    Il a vu la participation de la rectrice intérimaire de l’UCAD, Aminata Niang Diène, d’éminents professeurs, de chercheurs et d’étudiants.

    ID/FKS/SBS/ASG/OID

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE-CULTURE / Mise en scène de « Aube africaine »: Ousmane Sonko salue le spectacle proposé par Mamadou Seyba Traoré

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE-CULTURE / Mise en scène de « Aube africaine »: Ousmane Sonko salue le spectacle proposé par Mamadou Seyba Traoré

    Dakar, 2 déc (APS) – Le Premier ministre Ousmane Sonko a salué, dimanche soir, le spectacle proposé au Grand Théâtre par le Sénégalais Mamadou Seyba Traoré lors de la mise en scène de la pièce  »Aube africaine’’ dans le cadre des cérémonies commémoratives du 80 anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais.

    ‘‘ (…) la réussite de cette journée de commémoration s’est particulièrement illustrée à travers cette pièce jouée majestueusement d’une manière que j’ai rarement vue, non seulement par la qualité des artistes que par la présentation générale’’, a déclaré le Premier ministre du Sénégal à la fin du spectacle.

    D’une durée de plus d’une heure, cette pièce est un ensemble de poèmes et contes africains tirés de l’ouvrage de l’écrivain, dramaturge et homme politique guinéen, Keita Fodéba, publié en 1948.

    Cette pièce pluridisciplinaire mêlant chants, danses, théâtre et musique, raconte l’histoire d’un tirailleur mandingue du nom de ‘’Keita Naman’’.

    Interprétée par des comédiens de la troupe théâtrale de Daniel Sorano et d’autres groupes privés, elle relate comment des jeunes hommes dont Naman étaient enrôlés de force par la France pour se battre à ses côtés, pendant la guerre de 40-44.

    Ce veillant jeune homme, parmi les plus braves de l’empire Mandingue, a été choisi pour porter haut l’étendard de la France en Allemagne, sans savoir ce qui l’attendait en retour.

    La pièce raconte comment le village et la femme de Naman devenaient anxieux sans nouvelles de lui, jusqu’au jour où ils ont reçu sa lettre.

    Elle raconte comment l’épouse, Kadia, gardait toujours espoir de le retrouver sain et sauf, malgré ses inquiétudes.

    Des inquiétudes se transformant en réalité, d’autant plus que Naman et ses frères d’armes notamment Coulibaly Moussa, Ouédraogo Jacob, Kofie Athiaye, Sarr Ngom Demba, Hamza Oumarou, Kassa Sourou, Adame Bona, Oula Brahime Baba, prisonniers en Allemagne, ont été rapatriés au Sénégal à Thiaroye.

    La mort, dont craignait Kadia, avait encore une fois de plus, frappé à sa porte, car, son second époux Naman, tombait sous les tirs des trois mitrailleuses automatiques de l’armée française à la suite d’une revendication de leur dû aux autorités françaises.

    Au dernier tableau, les personnages de la pièce, appellent, au nom de ces tirailleurs, les générations futures à ne pas croire aux mensonges racontés sur eux.

    La présentation de  »Aubaine africaine » était le dernier acte, après le dépôt de gerbes de fleurs au cimetière de Thiaroye et la cérémonie civile et militaire, de cette journée de commémoration du 80e anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais par l’Armée coloniale française.

    ‘‘ (…) la réussite de cette journée s’est particulièrement illustrée à travers cette pièce jouée majestueusement d’une manière que j’ai rarement vue, non seulement par la qualité des artistes que par la présentation générale’’, a dit le Premier ministre sénégalais.

    ‘’Nous sortons de cette présentation à la fois très satisfaits et contents, également le cœur lourd, tout comme durant toute cette journée, mais avec un espoir qu’à partir de ce jour, une graine est semée, qu’elle va grandir et sera étroitement surveillée par tous les segments de cette société’’, a-t-il notamment ajouté.

    D’après lui, ces journées, demeurent très importantes non seulement pour le passé d’une société, mais aussi, son présent et son futur, en vue d’éviter que ‘’les mêmes causes produisent les mêmes effets’’.

    ‘’La pièce adaptée et mise en scène par Seyba, reste probablement l’un des témoignages contemporains du massacre de Thiaroye’’, a pour sa part soutenu le président du comité de commémoration des 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs de Thiaroye, l’historien Mamadou Diouf.

    Selon lui, la pièce permet de donner ce qu’on peut appeler une ‘’anthropologie’’ de la vie d’un tirailleur.

    AMN/FKS/OID/ASB

  • SENEGAL-FRANCE-MEMOIRE / Massacre de Thiaroye : Bassirou Diomaye Faye souligne l’impératif d’identifier les victimes et de situer les responsabilités

    SENEGAL-FRANCE-MEMOIRE / Massacre de Thiaroye : Bassirou Diomaye Faye souligne l’impératif d’identifier les victimes et de situer les responsabilités

    Dakar, 1er déc (APS) – L’identification des victimes du massacre des tirailleurs sénégalais exécutés par l’armée coloniale française, le 1er décembre 1944 au camp militaire de Thiaroye, ainsi que l’imputabilité des responsabilités sont aujourd’hui essentielles pour ouvrir la voie à une réconciliation sincère, a estimé le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye.

    ‘’Identifier les victimes et situer les responsabilités est essentiel pour ouvrir la voie à une réconciliation sincère’’, a-t-il déclaré à l’occasion de la cérémonie officielle de commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs à Thiaroye.

    Cette commémoration, a t-il dit, ‘’relève du devoir de mémoire contre l’oubli, pour la manifestation de la vérité des faits et pour nous acquitter d’une dette morale vis-à-vis des tirailleurs et de leurs familles’’.

    ‘’C’est pourquoi nous avons mis en place un comité international de chercheurs indépendants pour aider à la reconstitution exacte des faits et à une meilleure connaissance de cette séquence de notre histoire partagée avec la France’’, a ajouté le président Faye, qui avait à ses côté ses homologues Cheikh Mohammed Ould Ghazouani (Mauritanie), président en exercice de l’Union africaine, Umarou Sissokho Emabllo (Guinée-Bissau), Adama Barrow (Gambie), Brice Clotaire Oligui NGuéma (Gabon) et Azali Assoumani (Comores).

    La France était représentée par son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Noël Barrot.

    Il a indiqué avoir sollicité de son homologue français ‘’la mise à disposition de tous documents d’archives pouvant contribuer à la manifestation de la vérité et sa collaboration, le moment venu, pour la localisation des sépultures et l’identification éventuelle des victimes’’.

    Ces archives réclamées ‘’permettront (…) de savoir comment on en est véritablement arrivé à la tragédie de Thiaroye’’, a affirmé le président sénégalais.

    Elles permettront également d’avoir ‘’une lecture plus fidèle de l’état d’esprit des tirailleurs rapatriés, de leur nombre exact, de leur identité, de leurs origines, des lieux où ils sont enterrés, des épreuves endurées, des frustrations et humiliations subies, ainsi que du montant qui est dû à chacun’’, a-t-il ajouté.

    Le chef de l’Etat a notamment invité les ‘’acteurs étatiques et non étatiques de tous les pays concernés, y compris la France, les historiens et chercheurs de tous bords’’, à ‘’joindre’’ leurs ‘’efforts’’ pour ‘’porter un regard lucide sur cet épisode sombre de notre histoire commune’’.

    Bassirou Diomaye Faye s’est par ailleurs dit  »heureux » que la France ait ‘’franchi un pas important dans la restauration de la vérité grâce au président Emmanuel Macron’’ qui, dans une lettre qu’il lui a adressée, jeudi, d »’assumer que les événements de Thiaroye en 1944 ont abouti à un massacre’’.

    ‘’Il s’agit d’une avancée appréciable dans le processus de réhabilitation de l’honneur et de la dignité des tirailleurs victimes, à la suite de la déclaration du président François Hollande au cimetière de Thiaroye, le 30 novembre 2014, quand il saluait la mémoire d’hommes qui portaient l’uniforme français et sur lesquels la France avait retourné les fusils’’, a-t-il rappelé.

    Toutefois, ‘’il reste encore beaucoup de zones d’ombre dans cette histoire, notamment le nombre de tirailleurs exécutés’’.

    Fort de ce constat, le président de la République est d’avis que ‘’cette vérité exige encore d’être pleinement révélée, transmise et reconnue ».

    ‘’Nous devons encourager cette dynamique pour restaurer la mémoire et la dignité des tirailleurs sénégalais’’, a-t-il insisté.

    MK/SG/OID/ABB

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-COMMEMORATION / Le massacre de Thiaroye 44, un acte ‘’prémédité visant à réprimer des revendications légitimes’’, selon Diomaye Faye

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-COMMEMORATION / Le massacre de Thiaroye 44, un acte ‘’prémédité visant à réprimer des revendications légitimes’’, selon Diomaye Faye

    Dakar, 1er déc (APS) – Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a soutenu, dimanche, que le massacre des tirailleurs sénégalais, perpétré le 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, était un acte prémédité, visant à réprimer des revendications légitimes.

    ’’C’était là un acte prémédité, visant à réprimer des revendications légitimes, à dissuader d’autres et à perpétuer l’ordre colonial. Le crime fut commis et les faits sont incontestables. Voilà le sort qui a été réservé à certains qui ont contribué à écrire dans le sang et la sueur la glorieuse histoire de la libération’’, a-t-il déclaré.

    Bassirou Diomaye Faye s’exprimait ainsi à l’occasion de la cérémonie officielle de commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko et de plusieurs autorités militaires, administratives, locales, religieuses et coutumières.

    Le chef de l’État de la Mauritanie Mohamed Ould El-Ghazouani, également président en exercice de l’Union Africaine (UA) et ses homologues de la Gambie, Adama Barro, de la Guinée-Bissau, Umaru Sissokho Emballo, Brice Oligui Nguema du Gabon, des Comores, Azali Assoumani, étaient également présents.

    ‘’Votre présence remarquée à nos côtés est le symbole fort de votre attachement à l’histoire que nous partageons’’, a-t-il lancé à leur endroit.

    ‘’Grande’’ est son ‘’émotion’’, a-t-il dit, ’’en cette date et en ces lieux qui nous parlent, où des héros africains sans défense, armés de courage, de dignité et de fraternité africaine ont été froidement abattus. Il s’agissait là d’un massacre’’.

    Quatre-vingts ans après ce crime de masse, a-t-il relevé, ‘’le silence de Thiaroye est toujours aussi assourdissant’’, tandis que ‘’les murmures venues d’outre-tombe nous interpellent avec fracas pendant que l’ampleur de ce crime demeure minimisée et souvent même niée par certains milliers d’héritiers de ceux qui l’ont commis’’.

    Selon lui, ‘’des profanes comme beaucoup d’entre nous, jeunes et moins jeunes, se poseraient la question de savoir de quoi s’agissait-il exactement, tellement la chape de plomb était fermement posée depuis trop longtemps pour tenter de rayer cet épisode fâcheux de notre histoire’’

    Alors qu’en réalité, ‘’il s’agissait d’Africains en majorité arrachés à leurs terroirs contre leur gré pour aller combattre ou servir l’empire colonial français d’alors’’, a tenu à rappeler le président Faye.

    ‘’Ils ont donné de leur jeunesse, ils ont donné de leur sang, ils ont donné de leur chair pour la liberté et pour la paix dans le monde’’, a-t-il martelé, tout en soulignant que ‘’la suite de l’histoire est à l’inverse de ces immenses sacrifices consentis’’.

    À la place d’éloge et de reconnaissance, l’ordre fut donné de neutraliser ceux qui avaient enduré la ségrégation dans les prisons allemandes et la rigueur de la captivité, a souligné le chef de l’État.

    Et ‘’l’irréparable se produisit le 1er décembre 1944, ici à Thiaroye, quand le général [Marcel Dagnan] ordonna de tirer sur des innocents désarmés, dont le seul tort a été de réclamer le paiement de leurs indemnités, primes et autres allocations’’, a poursuivi Diomaye Faye.

    Aujourd’hui, a-t-il ajouté, ‘’par devoir de mémoire, de vérité et de justice, nous ne pouvons oublier l’horreur des exécutions sommaires, ici, au camp de Thiaroye’’.

    ‘’Il est impératif de rappeler l’histoire, toute l’histoire, sans trou de mémoire. C’est ce qui fonde l’essence universelle des valeurs de paix, de liberté et d’égale dignité attachées à la nature humaine’’, a-t-il soutenu.

    MK/SG/ABB

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Massacre de Thiaroye : le président en exercice de l’UA salue les efforts du Sénégal pour la manifestation de la vérité et la préservation de la mémoire des tirailleurs

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Massacre de Thiaroye : le président en exercice de l’UA salue les efforts du Sénégal pour la manifestation de la vérité et la préservation de la mémoire des tirailleurs

    Thiaroye, 1er déc (APS) – Le chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazouani, président en exercice de l’Union Africaine, a salué, dimanche, les efforts du gouvernement et du peuple sénégalais, pour la manifestation de la vérité et la préservation de la mémoire des tirailleurs sénégalais, à travers la commémoration du 80ème anniversaire de leur massacre.

    ‘’Je rends ici un hommage particulier au peuple et au gouvernement sénégalais frères pour les efforts qu’ils ont entrepris avec dignité et grandeur pour contribuer à restaurer la vérité et à préserver la mémoire de ces héroïques tirailleurs’’, a-t-il déclaré.

    Mohamed Ould El-Ghazouani s’exprimait ainsi dans un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie officielle marquant le 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais le 1er décembre 1944, à Thiaroye, à une quinzaine de kilomètres de Dakar.

    Plusieurs chefs d’Etat africains, notamment Adama Barro de la Gambie, Umaru Sissokho Emballo de la Guinée-Bissau, Brice Oligui Nguema du Gabon, Azali Assoumani des Comores étaient présents à cette commémoration.

    Des délégations du Cameroun, de Djibouti, du Tchad, du Burkina Faso, de la de France, entre autres, y ont également pris part.

    ‘’C’est avec honneur et émotion que j’adresse, en ce moment solennel, au nom de mes frères chefs d’État ici présents et en nom personnel, mes sincères remerciements à mon ami et frère Bassirou Diomaye Faye pour nous avoir associé à la commémoration du 80ème anniversaire du massacre de Thiaroye des tirailleurs sénégalais, l’une des pages les plus sombres et les plus douloureuse de notre histoire’’, a ajouté M. Ould El-Ghazouani.

    Le président en exercice de l’Union Africaine a notamment loué la détermination et l’ardeur au combat des tirailleurs, malgré les mauvaises conditions climatiques en Europe et la puissance militaire de l’ennemi.

    ‘’Ils ont affronté la mort sur les champs de bataille et en sont sortis victorieux, contribuant ainsi à la victoire des alliés et à la libération de la France.  (…) Nous nous recueillons aujourd’hui, dans un esprit de respect et de reconnaissance, de souvenirs et de mémoire pour affirmer que leur sang versé sur cette terre n’a pas été vain et ne sombrera jamais dans l’oubli’’, a-t-il assuré.

    Le chef de l’État mauritanien a également loué le sacrifice des tirailleurs, indiquant que ‘’leurs sacrifices resteront gravés dans notre mémoire et présents dans la conscience collective de nos peuples’’.

    Il a dans le même temps salué l’initiative du président français Emmanuel Macron, qui a reconnu le massacre par les forces coloniales françaises de leurs frères d’armes africains perpétré le 1er décembre 1944 dans le camp de Thiaroye.

    Le Premier ministre Ousmane Sonko et plusieurs membres du gouvernement, des autorités militaires, des élus, des représentants de missions diplomatiques et d’Institutions internationales accrédités au Sénégal étaient présents à la cérémonie de commémoration.

    SG/ABB

  • SENEGAL-AFRIQUE-COMMEMORATION / Massacre de Thiaroye : le Pr Mamadou Diouf invite à briser le silence et à accorder aux victimes, le statut de ‘’morts pour l’Afrique’’

    SENEGAL-AFRIQUE-COMMEMORATION / Massacre de Thiaroye : le Pr Mamadou Diouf invite à briser le silence et à accorder aux victimes, le statut de ‘’morts pour l’Afrique’’

    Dakar, 1er déc (APS) – Le président du Comité de commémoration du 80e anniversaire du massacre de Thiaroye 44, le professeur Mamadou Diouf, a invité, dimanche, à briser le silence sur cette tuerie et à accorder aux victimes le statut de ‘’morts pour l’Afrique’’.

    ‘’Il est indispensable de briser le silence et d’afficher, fortement, notre regard, nos commentaires et imaginations créatrices sur l’évènement. Thiaroye est pour nous, Sénégalais, l’occasion, aussi dramatique que majestueuse, d’accorder aux victimes du massacre le statut de « morts pour l’Afrique »  », a déclaré l’historien.

    Il s’exprimait ainsi à l’occasion de la cérémonie de commémoration du massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée coloniale française, à Thiaroye, le 1er décembre 1944.

    ‘’Le massacre des tirailleurs est une histoire partagée, qui nourrit une pédagogie pour édifier les fondations de l’intégration africaine », a-t-il ajouté.

    Mamadou Diouf a rappelé que ‘’le 1er décembre 1944, à 5h30 du matin, 1 200 hommes des troupes coloniales françaises et de la gendarmerie, prenant position autour du camp militaire de Thiaroye et soutenus par trois véhicules blindés et deux chars, ont lancé l’assaut dans l’enceinte de la caserne sur 1 200 à 1 800 tirailleurs sénégalais présents et désarmés’’.

    La revendication des tirailleurs, a-t-il précisé, ‘’portait sur plusieurs questions, dont les plus significatives sont les indemnités, les soldes, les primes de démobilisation et autres allocations, mais aussi les conditions du cantonnement à Thiaroye et de retour aux pays d’origine ».

    Les autorités françaises ont, dans les jours qui ont suivi le massacre, tout fait pour dissimuler le carnage et la tuerie, a fait savoir le professeur de l’université Columbia de New York, aux Etats-Unis.

    Selon lui, prendre l’initiative relativement à la production du récit portant sur ce moment de notre histoire, c’est retourner l’évènement à l’Afrique, en effaçant la territorialisation coloniale et en autorisant une mise en scène mémorielle commandée par les Africains, hors des champs d’honneur français.

     »Le crime des tirailleurs, un crime de désobéissance, dicté par la confusion entretenue par la métropole entre les valeurs qui lui sont exclusivement réservées d’une part, et la gouvernance et l’arrogance impériales, d’autre part’’, constitue une ‘’disjonction qui a eu un coût si terrible que ses répercussions se font encore sentir de nos jours’’, a affirmé Mamadou Diouf.

    C’est pourquoi, a-t-il souligné, la décision des nouvelles autorités sénégalaises de rétablir la vérité est une vaste entreprise difficile mais combien passionnante dont l’animation nécessitera des opérations permanentes, susceptibles de participer au travail historique et mémoriel pour produire des récits, des leçons civiques, culturelles et artistiques au service des communautés panafricaine.

    La cérémonie officielle de commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais a été présidée par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, au camp militaire lieutenant Amadou Lindor Fall de Thiaroye, en présence de plusieurs chefs d’États africains.

    MK/SG/ABB

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Thiaroye 44 : Bassirou Diomaye Faye annonce cinq mesures pour ‘’restaurer la mémoire et la dignité’’ des tirailleurs sénégalais

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Thiaroye 44 : Bassirou Diomaye Faye annonce cinq mesures pour ‘’restaurer la mémoire et la dignité’’ des tirailleurs sénégalais

    Dakar, 1er dec (APS) – Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a annoncé, dimanche, cinq mesures pour ‘’restaurer la mémoire et la dignité’’ des tirailleurs sénégalais.

    ‘’Nous devons encourager cette dynamique pour restaurer la mémoire et la dignité des tirailleurs sénégalais. Pour ma part, j’initierai plusieurs mesures de réappropriation de cette histoire commune avec 16 pays africains frères’’, a-t-il déclaré dans son discours marquant la commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs par l’armée coloniale française, à Thiaroye, le 1er décembre 1944.

    Le chef de l’État sénégalais a notamment indiqué qu’un Mémorial à l’honneur des tirailleurs sera érigé à Thiaroye ‘’pour servir de lieu de recueillement ouvert à toutes les nations dont ils étaient originaires’’, ainsi qu’un centre de documentation et de recherche dédié ‘’pour conserver la mémoire’’ de ces soldats africains ayant participé à la libération de la France du joug nazi.

    Le président Faye a également annoncé que des rues et places porteront le nom de cet événement tragique, de ces soldats pour inscrire leur sacrifice dans notre quotidien.

    Il en en outre souligné que ‘’l’histoire de Thiaroye sera enseignée dans les curricula éducatifs’’, ajoutant que la Journée du tirailleur est désormais fixée le 1er décembre de chaque année.

    ‘’Les générations futures grandiront avec une compréhension approfondie de cet épisode de notre passé’’, a soutenu chef de l’État.

    Le Sénégal commémore ce dimanche le massacre des soldats africains d’Afrique subsaharienne, appelés tirailleurs sénégalais, et incorporés dans les troupes coloniales françaises.

    La cérémonie officielle, présidée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, se déroule en présence de plusieurs chefs d’État africains, dont Mohamed Ould Ghazouani, président en exercice de l’Union africaine (UA) et de la Mauritanie, et de ses homologues de la Gambie, Adama Barro, de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, du Gabon, Brice Oligui Nguéma, et des Comores Assoumani Azali.

    ABB

  • SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Le Sénégal commémore le 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais

    SENEGAL-AFRIQUE-FRANCE-MEMOIRE / Le Sénégal commémore le 80ème anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais

    Thiaroye, 1ᵉʳ déc (APS) – Le Sénégal commémore officiellement ce dimanche le 80ᵉ anniversaire du massacre des tirailleurs, perpétré le 1ᵉʳ décembre 1944 au camp militaire de Thiaroye, dans le département de Pikine.

    La cérémonie officielle, présidée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, se déroule en présence de plusieurs chefs d’État africains, dont Mohamed Ould Ghazouani, président en exercice de l’Union africaine (UA) et de la Mauritanie, et de ses homologues de la Gambie, Adama Barro, de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, du Gabon, Brice Oligui Nguéma, et des Comores Assoumani Azali.

    Le Premier ministre, Ousmane Sonko et plusieurs membres du gouvernement, des autorités militaires, des élus, des représentants de missions diplomatiques et d’institutions internationales accrédités au Sénégal, sont présents à cette cérémonie.

    Des délégations de la France, du Cameroun, de Djibouti, du Tchad, du Burkina Faso prennent part également à cette commémoration.

    Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires originaires de pays d’Afrique subsaharienne incorporé aux troupes coloniales.

    L’épithète ‘’sénégalais’’ leur est accolé parce que c’est au Sénégal que s’est formé en 1857 le premier régiment de tirailleurs africains.

    C’est le général Louis Faidherbe, alors gouverneur du Sénégal, qui crée le corps des tirailleurs sénégalais, suite à un décret signé par Napoléon III le 21 juillet 1857, pour pallier le manque d’effectifs de la France métropolitaine.

    Lors de la Première Guerre mondiale (1914-18), environ 200 000 tirailleurs originaires d’Afrique occidentale française (AOF) sont mobilisés sous le drapeau français.

    Plus de 135 000 sont envoyés sur les théâtres d’opération en Europe et quelque 30 000 soldats du corps des tirailleurs y ont trouvé la mort et beaucoup d’entre eux sont revenus blessés ou invalides.

    Entre 1939 et 1944, près de 140 000 Africains sont engagés par la France, constituant ainsi la moitié des effectifs des forces françaises qui ont participé à la libération de la France occupée par l’Allemagne nazie.

    Le 23 août 1944, c’est un régiment de tirailleurs sénégalais qui libère la ville de Toulon, à la suite du débarquement de Provence. Cette date avait été choisie, en 2004, par le président Abdoulaye Wade (2000-2012) pour célébrer une Journée internationale des tirailleurs sénégalais.

    Les tirailleurs sénégalais se sont battus pour l’Empire colonial français, dont les autorités les engagent dans des conflits qui ont opposé la France à ses colonies : en Indochine (1946-1954), en Algérie (1954-1962), à Madagascar (1947).

    Aux tirailleurs qui ont été massacrés le 1ᵉʳ décembre 1944 à Thiaroye, le poète Léopold Sédar Senghor a dédié un de ses plus célèbres poèmes, dans le recueil « Hosties noires ».

    Divergences sur le bilan du massacre de Thiaroye

    Le premier décembre 1944, des tirailleurs sénégalais démobilisés et renvoyés en Afrique après la Seconde Guerre mondiale, sont massacrés par l’armée française alors qu’ils réclamaient le paiement de leurs indemnités et le versement du pécule qui leur était promis depuis des mois par les autorités politiques et militaires de la France.

    En novembre 1944, 1 280 soldats, selon des chiffres officiels, issus de différents territoires de l’Afrique occidentale française, sont regroupés dans le camp de Thiaroye, à une quinzaine de kilomètres du centre de Dakar, avant d’être tués à l’arme automatique.

    Ces tirailleurs viennent des colonies de la Côte d’Ivoire, du Dahomey (actuel Bénin), du Gabon, de la Haute-Volta (actuel Burkina-Faso), de l’Oubangui-Chari (actuels Tchad et Centrafrique), du Sénégal, du Soudan français (actuel Mali), du Niger et du Togo.

    Pour accélérer leur retour en Afrique après la libération de la France, les autorités promettent de payer leurs soldes une fois arrivés à Dakar.

    Arrivés au Sénégal le 21 novembre 1944, ils sont installés en tant qu’anciens combattants dans un camp militaire, à Thiaroye. Les soldats continuent la procédure pour se faire payer leurs indemnités et le versement du pécule couvrant quatre ans (1940-44), correspondant à la période où ils ont été faits prisonniers.

    Sur leur insistance, le commandant leur donne rendez-vous sur la place des armes. Le 1ᵉʳ décembre 1944, à l’aube, ils sont réveillés au clairon. Le haut-commandement leur demande de se rassembler sur l’esplanade du camp. Là, ils s’aperçoivent que le camp est complètement encerclé par divers régiments. Le haut-commandement de l’armée française fait alors ouvrir le feu sur des centaines de soldats démobilisés.

    Encore aujourd’hui, il y a divergence sur le nombre de morts dans ce massacre. Si deux rapports officiels français différents parlent respectivement de 35 et 70 morts, certains historiens considèrent que le bilan pourrait atteindre plusieurs centaines d’hommes tombés sous les balles de leurs camarades soldats.

    L’historien sénégalais Mbaye Guèye dénombre 191 tués. Aucune de ces hypothèses ne peut encore être étayée sérieusement, parce que les archives militaires françaises n’ont pas été ouvertes.

    Selon l’historienne Rokhaya Fall, le nombre de tirailleurs ayant péri lors du massacre perpétré par l’armée coloniale française à Thiaroye le 1ᵉʳ décembre dépasse celui officiellement déclaré.

    « Quand nous sommes arrivés en France, on nous a présenté les actes de décès de 1944. Déjà, ils étaient au nombre de 44. Mais nous nous sommes dit qu’un événement de cette nature, avec la gravité des faits, les conséquences devaient nécessairement aller au-delà de 1944 », a-t-elle expliqué.

    « Nous avons demandé les registres de 1945. C’est au niveau de ces registres que nous avons trouvé beaucoup d’actes de décès en provenance de l’hôpital Principal de Dakar », a ainsi ajouté la professeure.

    Selon Rokhaya Fall, même si ces documents attestent a priori que ce sont ceux des victimes du massacre, au regard de leur nombre élevé, la prudence doit être de mise afin de « faire un tri pour voir les décès qui sont directement liés à l’événement ».

    « La délégation s’est intéressée aussi aux journaux de l’époque, à des fonds iconographiques », a-t-elle poursuivi, indiquant que « les journaux tels que Le Télégramme, L’Aurore, ont rapporté des scènes de vie et la trajectoire des prisonniers africains ».

    « Ces témoignages ont permis d’ajouter un vécu dramatique aux milliers de soldats, qui, pour la plupart, n’étaient pas encore identifiés. De même, certaines sources iconographiques ont permis de mettre un visage sur certains prisonniers de guerre », a-t-elle avancé.

    A l’en croire, ‘’la mission a appréhendé aussi des trous dans les archives, des trous qui expliquent les ombres, c’est la question du carré. Il y a eu des listes nominatives de prisonniers sénégalais, trouvés dans les archives des départements’’.

    SG/MK/ABB